Propreté à Casablanca: le wali Mhidia recadre Arma et lui rappelle ses obligations

Mohamed Mhidia, wali de la région Casablanca-Settat.

Trois semaines après une passation chaotique du service de propreté entre l’ancien délégataire Averda et Arma, dirigée par Youssef Ahizoune, les autorités de Casablanca multiplient les réunions de suivi pour tenter de redresser la situation. Entre dysfonctionnements persistants et ajustements en cours, le wali Mohamed Mhidia hausse le ton pour imposer un retour rapide à la normale.

Le 23/07/2026 à 15h33

Deux jours après une première réunion consacrée aux arrondissements de Aïn Sebaâ, Sidi Bernoussi, Hay Mohammadi, Roches Noires et Sidi Moumen, où la gestion de la propreté a été confiée à la société SOS, le wali de la région Casablanca-Settat, Mohamed Mhidia, poursuit sa série de réunions de suivi sur ce dossier sensible.

Une nouvelle rencontre s’est tenue hier, mercredi 22 juillet, au siège de la préfecture de Hay Hassani, sous la présidence du wali, en présence des gouverneurs des préfectures de Hay Hassani, Aïn Chock, El Fida-Mers Sultan et Anfa. Le vice-maire chargé de la propreté, Moulay Ahmed Afilal, ainsi que le directeur de la société de développement local Casa Baïa, Youssef Chakour, ont également pris part à cette réunion.

Au cœur des échanges, la situation dans les communes de Hay Hassani, Aïn Chock, El Fida et Anfa, désormais gérées par la société Arma. Son président, Youssef Ahizoune, a directement été interpellé sur l’état de la propreté dans ces territoires.

Comme lors de la réunion du 20 juillet avec SOS, qui a repris les lots auparavant confiés à Averda, Arma a été sommée de mettre en place des commissions de suivi de terrain afin d’assurer un contrôle rapproché de la qualité du service.

Si des améliorations ont été constatées par rapport à la première semaine ayant suivi la transition entre Averda et Arma, les autorités estiment que le niveau de prestation reste en deçà des attentes. Plusieurs gouverneurs ont ainsi souligné que, dans certains quartiers à forte densité, notamment Ennassim, Sidi El Khadir ou encore Oulfa, la situation est encore loin de la qualité souhaitée.

La question de l’état du parc d’engins hérité d’Averda a également été abordée. Il a été décidé de transmettre aux gouverneurs et aux présidents des communes les contrats détaillant les moyens matériels et humains prévus, afin de disposer d’une visibilité précise sur la flotte et les effectifs mobilisés.

Des efforts ont néanmoins été engagés pour redresser la situation. Ainsi, 200 agents supplémentaires ont été affectés à la commune de Hay Hassani, 120 à Aïn Chock, accompagnés du déploiement de cinq engins additionnels et de 200 bacs. Selon les responsables, la situation «est en train de s’arranger» et un retour progressif à la normale est en cours.

Mais face à l’urgence, le wali a revu le calendrier initial. Alors que les contrats prévoyaient un investissement dans de nouveaux équipements un an après le démarrage, Mohamed Mhidia a exigé d’Arma d’engager dès à présent des commandes pour de nouveaux engins. L’objectif est de rendre le changement visible aux yeux des citoyens.

Selon un élu du Conseil de la ville, la Commune de Casablanca a imposé des standards élevés. Tous les véhicules doivent répondre aux normes environnementales Euro VI ou Euro VII, avec une préférence pour des marques reconnues comme Renault ou Mercedes, excluant les engins d’origine chinoise ou turque. Des équipements dont le coût unitaire dépasse les 2 millions de dirhams.

Le wali a également insisté sur le recours aux bennes satellites pour desservir les ruelles étroites, ainsi que sur le renforcement du balayage manuel quotidien, promettant un suivi rigoureux de ces mesures.

Enfin, il a été rappelé à Youssef Ahizoune qu’Arma, attributaire du plus grand nombre de lots, est tenue d’honorer pleinement ses engagements contractuels.

À travers cette série de réunions, les autorités entendent accélérer le retour à un niveau de propreté acceptable dans la métropole, alors que la transition entre opérateurs continue de susciter de fortes attentes chez les Casablancais.

Par Wadie El Mouden
Le 23/07/2026 à 15h33