Ces deux lots, couvrant respectivement Aïn Chock–Hay Hassani (lot 2) et Aïn Sebaâ–Hay Mohammadi ainsi que Sidi Bernoussi–Zenata (lot 4), ont été au cœur d’une passation particulièrement difficile. En cause, l’état du matériel laissé par l’opérateur sortant.
«Nous avons récupéré des engins dans un état lamentable. Averda ne procédait pas à l’entretien du matériel conformément au cahier des charges», confie un élu de la commune de Casablanca. Un constat qui illustre l’ampleur des dysfonctionnements accumulés au fil des mois.
Selon plusieurs sources, la situation se serait davantage détériorée après l’éviction d’Averda du nouvel appel d’offres portant sur la période 2026-2033. Le groupe libanais a été éliminé dès la phase administrative pour non-respect des exigences du cahier des charges, notamment l’absence de présentation des bilans financiers des exercices 2024 et 2025.
Certains observateurs soupçonnent un relâchement volontaire de la part de l’opérateur sortant à la suite de cette disqualification. Durant près d’un mois, les engins auraient continué à circuler sans maintenance adéquate, au moment même où la commune finalisait les négociations avec les nouveaux délégataires.
Ces négociations, qui ont duré un mois et demi, ont retardé la mise en service optimale des nouveaux opérateurs, Arma pour le lot 2 et SOS NDD pour le lot 4. Face à la dégradation croissante de la propreté urbaine, le wali de la région Casablanca-Settat est intervenu avec fermeté.
Lors d’une réunion décisive tenue vendredi, le wali a sommé les nouveaux délégataires de prendre immédiatement leurs responsabilités. En l’absence d’un parc matériel opérationnel, Arma et SOS ont été contraints de recourir à des solutions provisoires, notamment la location d’engins, afin d’assurer la continuité du service.
«La situation est en train de se redresser», assure-t-on du côté de la commune, soulignant la mobilisation des équipes de la ville, engagées jour et nuit pour rétablir un niveau de service acceptable.
Au-delà de l’aspect opérationnel, cette transition a également soulevé une problématique sociale inédite. Le sort des employés d’Averda, laissés dans l’incertitude après le départ de leur employeur, a nécessité une intervention directe des autorités.
Sur instructions du wali, il a été décidé d’imposer aux nouveaux délégataires la reprise de l’ensemble du personnel d’Averda, avec maintien des acquis et du statut. Par ailleurs, la question des salaires impayés du mois de juin a été réglée, les virements ayant été effectués le lundi 6 juillet.
Cette crise n’a pas manqué de susciter des tensions politiques, certains partis de l’opposition communale, notamment le PJD, s’en emparant à l’approche des échéances législatives.
Malgré ces turbulences, les élus se veulent rassurants. La reprise progressive du service et les mesures correctives engagées devraient permettre un retour à la normale dans les prochains jours.
À noter qu’après son éviction du marché casablancais, Averda ne conserve désormais qu’un seul contrat au Maroc, celui de la province de Nouaceur.




