Le wali de la région de Casablanca-Settat, Mohamed Mhidia, a contraint trois gouverneurs de préfectures à quitter leurs bureaux vendredi matin pour mener une inspection de terrain d’envergure. Accompagné de la maire de Casablanca, de son adjoint délégué au secteur de la propreté ainsi que des cadres des entreprises concernées, le wali a personnellement sillonné les territoires d’Aïn Sebaâ-Hay Mohammadi, Roche Noire, Hay Hassani, Aïn Chock et Sidi Moumen-Sidi Bernoussi, indique le quotidien Assabah dans son édition du weekend du 4 et 5 juillet.
Cette offensive de terrain fait suite à une réunion élargie particulièrement tendue, présidée par le wali le mercredi précédent. Face au constat alarmant de la gestion locale, ordre a été donné de quitter le confort des bureaux pour superviser directement la passation de pouvoirs entre la société libanaise Averda et les deux entreprises marocaines, Arma et SOS, attributaires du marché pour la période 2026-2034.
Le représentant de l’État est apparu dans une colère noire à la lecture des rapports décrivant l’état de dégradation lamentable de la propreté urbaine. Ce laisser-aller a coïncidé avec la fin de l’ancien contrat de gestion déléguée et le démarrage du nouveau, acté dans la nuit du mardi 30 juin 2026. Lors de cette réunion qualifiée de tempétueuse, le wali a martelé que la gestion des déchets était cruciale pour la métropole. Il a prévenu que le moindre relâchement porterait un préjudice considérable à l’environnement et à l’image de la capitale économique, rapporte Assabah.
Rappelant le caractère hautement stratégique de ce dossier pour l’État, le wali a fait écho au discours royal d’octobre 2013, dans lequel le Souverain critiquait sévèrement la gestion de Casablanca et citait l’accumulation des déchets comme preuve tangible de cet échec. L’autorité régionale a prévenu que les progrès notables enregistrés depuis 2015 risquaient de s’effondrer. Affirmant avoir été tenu dans l’ignorance de plusieurs données cruciales, le wali a directement pointé du doigt les responsables présents, exigeant d’eux le silence avant de céder la parole à la maire, Nabila Rmili, pour des clarifications.
La rencontre a permis de disséquer les défaillances liées au départ de l’ancien délégataire et les causes des perturbations constatées sur le terrain. Les débats ont également traité de la situation sociale des travailleurs, du rythme de leur intégration contractuelle, ainsi que du sort technique des camions et engins de balayage laissés par l’entreprise libanaise.
Alors que chaque visite royale à Casablanca pousse traditionnellement les autorités locales et sécuritaires à nettoyer les grands axes dans l’urgence, le wali a cette fois exigé des solutions pérennes. La délégation s’est donc rendue sur plusieurs « points noirs » de la métropole pour acter le lancement de la phase transitoire. La tournée s’est achevée par l’inspection des anciens dépôts d’Averda, afin d’identifier précisément les obstacles qui freinent cette passation de pouvoir.




