Migrants subsahariens: les chauffeurs de taxi des provinces du Sud dans le collimateur de la gendarmerie

Une station de grands taxis.

Revue de presseDans les provinces du Sud, les chauffeurs de taxi sont de plus en plus nombreux à être interpellés pour avoir acheminé des migrants subsahariens vers les villes côtières d’où ils espèrent gagner les îles Canaries. Une mise en cause qu’ils jugent disproportionnée. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 03/07/2026 à 20h24

Dans les provinces du Sud, une onde de mécontentement agite le monde du transport professionnel. De nombreux chauffeurs de taxis de première catégorie, jusqu’alors étrangers aux remous migratoires, se voient aujourd’hui placés sous le feu des projecteurs judiciaires. Pris pour cibles lors de multiples barrages routiers, ils sont soupçonnés par les éléments de la gendarmerie royale de faciliter le déplacement de migrants subsahariens en situation irrégulière, lesquels convoitent les côtes des îles Canaries, porte d’entrée rêvée vers l’Europe, rapporte Al Akhbar du week-end des 4 et 5 juillet.

L’affaire la plus récente a eu pour théâtre la province de Guelmim. Un chauffeur, parti de la gare routière d’Inezgane, y a été intercepté alors qu’il comptait parmi ses passagers plusieurs ressortissants africains sans papiers en règle. Conduit sans délai à la brigade territoriale de Guelmim, il a fait l’objet d’une audition formelle, suivie d’un procès-verbal et d’une sanction pécuniaire. Quelques jours plus tôt, un autre professionnel avait connu un sort identique dans la ville de Tan-Tan, écopant d’une mesure répressive similaire pour des faits analogues.

Ces interpellations répétées ont fini par exaspérer les représentants de la profession. Lors de prises de parole récentes, ceux-ci ont fermement contesté la posture adoptée par les forces de l’ordre, estimant que l’on stigmatisait à tort une corporation dont la mission première est de transporter des voyageurs, non de se substituer aux autorités compétentes. Ils soulignent qu’aucune prérogative légale ne leur permet de vérifier la régularité du séjour de leurs passagers, d’autant que ces derniers empruntent des arrêts publics placés sous surveillance policière, où le contrôle des documents relève normalement des services de sécurité.

Par ailleurs, les syndicalistes dénoncent un deux poids, deux mesures. Ils relèvent avec amertume que les migrants subsahariens circulent également à bord des autocars de transport interurbain, sans que leurs conducteurs soient ni interpellés ni verbalisés.

Par Hassan Benadad
Le 03/07/2026 à 20h24