À Tanger, les autorités judiciaires ont franchi une nouvelle étape dans le démantèlement d’une vaste entreprise d’escroquerie aux faux visas et contrats de travail. Le parquet près la Cour d’appel de la capitale du Détroit a donné des instructions fermes aux services de la police judiciaire pour approfondir les investigations relatives à un réseau criminel ayant dupé des dizaines de candidats à l’émigration vers la Belgique. Cette organisation ingénieuse extorquait d’importantes sommes d’argent à ses victimes en leur promettant un accès légal au marché du travail belge à l’aide de documents entièrement falsifiés, indique le quotidien Assabah dans son édition du week-end des 25 et 26 juillet.
L’enquête a pris une dimension supérieure à la suite de nouveaux éléments parvenus aux enquêteurs, révélant que les activités illicites de cette bande dépassaient largement les murs du bureau fermé à Tanger. Les investigations démontrent que la toile s’étendait à d’autres villes de la région, notamment Asilah, impliquant des complices opérant aussi bien sur le territoire national qu’à l’étranger. La traçabilité des flux financiers issus de ces transactions frauduleuses a incité le ministère public à élargir le périmètre des recherches afin de faire tomber l’ensemble des protagonistes et d’identifier la structure exacte de ce réseau.
Le mode opératoire reposait sur une stratégie de séduction numérique particulièrement élaborée. Les membres de la bande menaient des campagnes publicitaires agressives sur les réseaux sociaux, se faisant passer pour des intermédiaires agréés et des experts en procédures d’immigration vers l’Europe. Pour emporter la conviction des candidats crédules, ils diffusaient des séquences vidéo et des témoignages mis en scène attribuant la réussite de projets d’expatriation à leurs services. Une fois la confiance installée, ils réclamaient des montants oscillant entre trente mille et quarante mille dirhams par dossier, prétendant couvrir la constitution du dossier administratif et l’obtention de contrats d’embauche officiels, lit-on dans Assabah.
Pour parfaire la supercherie, les escrocs remettaient aux victimes des papiers munis d’en-têtes trompeurs et les orientaient vers une plateforme en ligne baptisée BelgianID Pro. Présentée comme un portail institutionnel officiel destiné à finaliser les démarches de recrutement, cette interface informatique n’était en réalité qu’une façade sophistiquée créée de toutes pièces pour crédibiliser le processus. Les vérifications techniques ont confirmé l’absence totale de valeur juridique de ce site et des documents délivrés.
La coopération internationale s’est avérée déterminante dans l’établissement des faits. La coordination entre les services de sécurité marocains et leurs homologues belges a permis de confirmer formellement que les contrats de travail présentés ne figuraient dans aucun registre administratif en Belgique. Aucune des pièces fournies ne permettait d’engager une procédure légale d’embauche ou de séjour, consolidant ainsi la thèse d’une escroquerie de grande ampleur soigneusement orchestrée.
Alors que l’affaire éclatait au grand jour, le principal suspect a réussi à quitter clandestinement le territoire national en direction du Royaume-Uni. Cette fuite n’a toutefois pas freiné l’élan des investigations. Les enquêteurs continuent de traquer les ramifications du réseau et d’identifier toutes les personnes ayant participé à la gestion des bureaux ou à la collecte des fonds, en vue d’engager les poursuites pénales adéquates et d’émettre des mandats d’arrêt internationaux.




