Dans un geste sans précédent, la présidente du conseil municipal de Settat, accompagnée de plusieurs conseillers de la collectivité, a entamé un sit-in ouvert devant l’entrée principale du complexe touristique et olympique Green Park. Cette action d’éclat, menée au cœur de la ville, vise à réclamer l’exécution ferme des décisions administratives et judiciaires ordonnant l’évacuation des lieux par la société exploitante, dans l’intention affirmée de restituer ce bien public à la collectivité et de préserver les intérêts généraux des citoyens, indique le quotidien Al Akhbar dans son édition du week-end du 25 et 26 juillet.
Cette montée d’un cran dans la contestation intervient après plusieurs tentatives infructueuses d’exécution sur le terrain. Lors de la dernière intervention programmée pour récupérer les clés de l’établissement récréatif, l’agent chargé de l’exécution administrative s’est heurté au refus catégorique du gestionnaire du site, soutenu par des pressions physiques visant à entraver la procédure officielle. Face à cette résistance, les élus municipaux ont choisi la voie de la protestation directe pour mettre en lumière ce qu’ils considèrent comme une atteinte caractérisée à l’État de droit et aux intérêts financiers de la commune.
Devant l’ampleur de la crise politique et sociale générée par cet affrontement public, le gouverneur de la province de Settat est personnellement intervenu en s’engageant formellement à engager toutes les procédures légales requises. Cette démarche vise à lever l’ambiguïté qui entoure le dossier, à faire respecter scrupuleusement les jugements rendus par la justice et à garantir la protection du patrimoine public local contre tout dépassement ou exploitation sans droit ni titre, lit-on dans Al Akhbar.
Le différend juridique opposant la municipalité de Settat à la société gérante du complexe Green Park s’inscrit dans un long parcours contentieux. La cour d’appel administrative de Rabat avait tranché le dossier par un arrêt définitif portant le numéro 325, confirmant un jugement antérieur favorable au conseil municipal. La justice avait constaté le défaut de paiement des loyers contractuels dus par l’exploitant depuis l’année 2014, pour un montant mensuel fixe de trente mille dirhams, accumulant ainsi un retard financier considérable au préjudice des finances de la ville.
À cette défaillance financière s’ajoutent de graves irrégularités constatées sur le plan de l’urbanisme et de la conformité réglementaire. Une décision d’interdiction et de fermeture avait été émise le 17 avril 2025 sous la référence 07/2025, sur la base des conclusions établies par les commissions d’inspection du ministère de l’Intérieur. Les rapports d’enquête avaient révélé de multiples infractions, notamment des modifications structurelles majeures effectuées sans autorisation préalable, la transformation du rez-de-chaussée du bâtiment principal en café commercial, la construction d’un mur d’enceinte en maçonnerie non autorisée et le détournement de la salle d’hydrothérapie olympique pour la convertir en salle de fêtes privée.
Malgré les démarches intentées par le gérant pour contester les décisions de fermeture pour abus de pouvoir, l’ensemble des instances administratives et d’inspection ont confirmé le bien-fondé des infractions constatées. L’implication directe de l’autorité provinciale marque aujourd’hui un tournant décisif vers la résolution de ce dossier emblématique, rétablissant la primauté des procédures judiciaires et la préservation du patrimoine public de la ville de Settat.




