Tribunaux à l’arrêt: un procureur général tire la sonnette d’alarme

Les avocats ont répondu massivement à l'appel de l’Association nationale des barreaux du Maroc, le 29 juin 2026. (Y.Mannan/Le360).

Revue de presseLa polémique sur le grève des avocats, qui rejettent le projet de loi 66.23 organisant leur profession, prend de plus en plus d’ampleur. À Settat, le procureur général du Roi près la cour d’appel locale a mis en garde contre les répercussions négatives de cette grève sur les justiciables et le travail de la justice. Cette revue de presse est tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 07/08/2026 à 20h35

Le bras de fer continue entre les avocats et le gouvernement. Ce dernier tient apparemment à faire adopter son projet de loi, alors que les seconds maintiennent leur mouvement de grève tant que les articles litigieux de ce texte ne sont pas modifiés ou supprimés. Les dégâts collatéraux de ce face à face intenable frappent de plein fouet le service public judiciaire. À tel point que des voix s’élèvent chez les magistrats pour tirer la sonnette d’alarme. C’est ainsi que, selon le quotidien arabophone Al Akhbar daté des 8 et 9 août, le procureur général du Roi près la cour d’appel de Settat a «mis en garde, dans une lettre officielle, contre les répercussions de l’arrêt de la défense des justiciables, particulièrement les personnes en garde à vue, sur le cours normal de la justice».

Cette lettre, adressée au premier président de la Cour d’appel de Settat, précise que la crise actuelle ne peut plus durer, au vu de l’ampleur sans précédent des dossiers à traiter. Selon le procureur général, «la justice et les citoyens sont les otages de cette situation» qu’il compare à une «détention arbitraire». Il met en garde également contre le traitement de certains dossiers sans la présence d’un avocat, comme le prescrit scrupuleusement le droit.

La sortie du procureur général intervient au moment même où l’Association des barreaux d’avocats du Maroc (ABAM) a accusé le gouvernement d’avoir créé et entretenu une crise inutile. El Houcine Ziani, président de l’ABAM et bâtonnier de l’ordre des avocats d’Oujda, a déclaré que la paralysie actuelle des tribunaux n’est pas imputable aux avocats ou à leurs instances, mais «au contenu du projet de loi sur la profession d’avocat présenté par le gouvernement, qui porte atteinte à la profession et à son indépendance». Selon lui, le gouvernement endosse l’entière responsabilité, politique et juridique, de la situation actuelle. Il a ainsi rappelé la justice à respecter les conditions et les procédures de procès justes et équitables qui ne peuvent se dérouler sans la présence de la défense, particulièrement pour les procès au pénal.

Par La Rédaction
Le 07/08/2026 à 20h35