Sidi Kacem: un élu puissant auait il bénéficié d’un «droit de cuissage» administratif pour construire sur le domaine public?

La ville de Sidi Kacem. DR

Revue de presseDes documents officiels lèvent le voile sur une affaire d’accaparement foncier présumé dans la commune de Jorf Melha, relevant de la province de Sidi Kacem. Un parlementaire milliardaire, également président de la commune Mrabih, est accusé d’avoir intégré illégalement une parcelle de 500 m² du domaine public à sa propriété personnelle. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 23/08/2026 à 19h40

Des pièces officielles, mêlant documents fonciers et relevés architecturaux, révèlent des données pour le moins troublantes concernant un bien immobilier situé au cœur de la commune de Jorf Melha, dans la province de Sidi Kacem. Ce bien serait la propriété d’un parlementaire milliardaire, membre influent du RNI, lequel exerce également les fonctions de président de la commune Mrabih.

«L’élu en question aurait édifié sa fortune sur les revenus mirobolants tirés de l’exploitation d’un ensemble de carrières œuvrant dans l’extraction de pierre et de sable au sein de cette même province», rapporte Al Akhbar de ce lundi 24 août. Toutefois, c’est un autre volet de son patrimoine qui attire aujourd’hui l’attention des observateurs: il lui est reproché d’avoir indûment accaparé un lot de terrain de 500 m², situé sur un site stratégique pourtant répertorié parmi les propriétés communales et voué à l’aménagement d’un espace vert.

Sur cette parcelle, il aurait fait édifier une villa agrémentée d’une piscine, de plusieurs chambres et d’annexes diverses, avant de l’entourer d’un mur très élevé en béton armé et de l’incorporer à sa demeure principale. Une source proche du dossier s’interroge sur les liens que cet exploitant d’un bien communal entretiendrait avec les cercles de la décision administrative, en particulier au niveau de la préfecture de Sidi Kacem. Cette proximité avec les rouages du pouvoir local prend d’autant plus de relief que l’intéressé est non seulement parlementaire et acteur politique de premier plan, mais qu’il a également été désigné tête de liste du RNI pour les prochaines élections législatives.

La même source invite les autorités compétentes à diligenter une enquête approfondie sur les circonstances ayant présidé à la réalisation d’une piscine et d’un puits à l’intérieur de cette propriété, ainsi que sur les autorisations légales y afférentes. Elle appelle par ailleurs les services concernés, et en premier lieu l’Agence du bassin hydraulique de Sebou (ABHS), à fournir des éclaircissements sur ce dossier.

«L’intervenant souligne avec pertinence que ni les constructions ni les murs de clôture ne sauraient émerger dans la clandestinité, d’autant que leur édification s’est étalée sur plusieurs années, sans qu’aucune intervention, contrôle ou mesure ne vienne troubler leur progression», relaie Al Akhbar. Le silence prolongé de l’administration apparaît dès lors comme un facteur susceptible d’engager sa propre responsabilité. Reste à déterminer si cette carence relève d’une négligence, d’une indulgence coupable ou d’un dysfonctionnement dans les mécanismes de régulation, ce qui, dans tous les cas, porterait atteinte au principe fondamental d’égalité devant la loi et à la protection du domaine public.

Par Hassan Benadad
Le 23/08/2026 à 19h40