Avec la date limite du 31 décembre pour le remplacement des anciennes plaques d’immatriculation au Maroc, les boutiques d’impression et de gravures voient déjà un nombre important de clients affluer. Cette réforme arrive pour généraliser un modèle visuel standardisé et moderne pour l’ensemble du parc automobile national. Ce changement, qui remplace progressivement les anciens formats et autocollants par des caractères frappés en relief associant l’arabe et le latin, répond à un double enjeu d’harmonisation nationale et de conformité aux standards de circulation internationale.
La principale nouveauté tient à l’intégration des caractères latins aux côtés des caractères arabes. Le numéro d’immatriculation conserve sa structure, mais la lettre arabe est désormais accompagnée de son équivalent latin. La mention «MA», qui pouvait auparavant être apposée séparément pour les véhicules circulant à l’étranger, est elle aussi intégrée directement à la plaque.
Dans une imprimerie du quartier Bourgogne, chaque étape est réalisée presque mécaniquement. Les chiffres sont positionnés un à un, suivis du «MA» et des caractères correspondants. Une fois l’ensemble correctement aligné, la plaque est introduite dans la presse. Quelques secondes de manipulation, un bruit métallique, puis le nouveau numéro apparaît sur la surface blanche. Quinze minutes en tout, et la plaque est totalement prête à être accrochée au véhicule.
Deux finitions sont notamment proposées, avec des tarifs qui varient selon la qualité des matériaux. «Les plaques blanches sont proposées à partir de 150 dirhams, avec des modèles à 170 dirhams, tandis que les versions de meilleure qualité peuvent atteindre 200 dirhams», explique Saïd, un employé. Les plaques réfléchissantes se distinguent, quant à elles, par leur capacité à renvoyer la lumière et à offrir ainsi une meilleure visibilité.
Au fil de la fabrication, le geste du technicien reste précis: placer, aligner, presser, puis peindre. Une fois la plaque sortie de la machine, elle passe ainsi par une dernière étape. «Après avoir mis les chiffres et le “MA”, je passe à la peinture. J’allume la machine, je mets le diluant et la peinture», explique-t-il, alors que le rouleau vient recouvrir la plaque.
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Derrière ces modifications techniques se trouve surtout une volonté d’harmonisation. La NARSA explique que la réforme vise à résoudre les difficultés pratiques liées à la coexistence de plaques différentes selon que le véhicule circule au Maroc ou à l’étranger. Le nouveau modèle doit ainsi servir dans les deux situations, avec un format et des dimensions communs. «C’est surtout pour ceux qui vont à l’étranger, afin que les plaques soient toutes pareilles», résume le jeune homme.
La réforme ne signifie toutefois pas que tous les automobilistes doivent immédiatement remplacer leur plaque. Les véhicules déjà immatriculés dans la série normale et portant des plaques sans caractères latins peuvent continuer à les utiliser jusqu’à la première opération de transfert de propriété. En revanche, pour les véhicules utilisés dans la circulation internationale et portant déjà des caractères latins ainsi qu’un «MA» séparé de la plaque, les anciennes plaques resteront valables jusqu’au 31 décembre 2026 seulement. Le nouveau modèle est, lui, déjà appliqué aux nouvelles opérations d’immatriculation depuis la publication de la décision, qu’il s’agisse de véhicules neufs acquis au Maroc ou de véhicules importés, neufs ou d’occasion.
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À Casablanca, certains automobilistes préfèrent déjà prendre les devants. Un client venu remplacer sa plaque estime que l’unification devrait faciliter les déplacements et éviter certaines incompréhensions lors des passages aux frontières. «C’est une bonne chose que les plaques soient unifiées pour éviter les problèmes de circulation. Il y avait des difficultés lorsqu’on voulait sortir du pays ou revenir, notamment avec les contrôles de sécurité», témoigne-t-il.
Pour lui, inutile d’attendre les dernières semaines. «Je suis venu aujourd’hui pour changer la plaque avant qu’il y ait trop de monde. Autant le faire maintenant et éviter tout désagrément», ajoute-t-il. Dans les ateliers, cette anticipation pourrait justement devenir le prochain enjeu. Si la transition est progressive, les professionnels s’attendent à voir la demande augmenter à mesure que l’échéance approche. «C’est vers la fin qu’il y aura beaucoup d’affluence, nous le savons d’avance», estime le professionnel.
Pour les fabricants, le compte à rebours a donc déjà commencé. Pour les automobilistes, le changement est moins spectaculaire qu’il n’y paraît: quelques lettres supplémentaires, un «MA» désormais intégré, mais surtout la fin annoncée d’une distinction entre la plaque que l’on utilise au Maroc et celle que l’on devait adapter pour franchir les frontières.




