Défense. Ce que l’Apache AH-64E apporte à la flotte des FAR

Lors de la cérémonie de réception du premier lot d'hélicoptères Apache AH-64E, le mercredi 5 mars 2025, à la Première base aérienne de Salé.

Appui aérien rapproché, lutte antichar, supériorité aérienne, polyvalence... l’Apache AH-64E est qualifié par le magazine scientifique des Forces royales air d’«arme de l’initiative et de l’urgence». Sa très grande mobilité permet de rallier rapidement les zones d’engagement les plus sensibles et garantit une présence dissuasive ainsi qu’une puissance de feu là où le besoin se fait le plus pressant. Les détails.

Le 21/08/2026 à 13h01

Selon la dernière livraison de «L’Espace», le magazine scientifique des Forces royales air (FRA), l’Apache AH-64E «incarne une arme de l’initiative et de l’urgence» au sein des Forces armées royales. Cet hélicoptère d’attaque polyvalent renforce la manœuvre aéroterrestre par un appui aérien direct. Sa mission principale consiste à neutraliser les blindés ennemis, chars de combat et véhicules mécanisés en tête, pour «assurer la supériorité tactique» des forces engagées.

L’appareil se distingue par ses systèmes de vision, de détection et de communication. Ses capteurs thermiques et électroniques repèrent l’adversaire à longue distance. Ses moyens de transmission fournissent aux unités alliées des renseignements en temps réel sur la nature et l’attitude des forces adverses. Le magazine des FRA souligne que «cette capacité d’alerte et de réaction rapide confère aux commandements tactiques une initiative décisive dans la conduite des opérations».

Sa mobilité, sa létalité et sa capacité d’engagement nocturne en font, selon la même source, «un système d’armes flexible, parfaitement adapté aux conditions d’emploi des Forces armées royales». Il peut être engagé dans des situations complexes exigeant des décisions rapides, aussi bien comme unité de manœuvre que comme unité d’appui.

Un rôle multiple sur le champ de bataille

L’Apache AH-64E assure l’appui aérien rapproché des troupes au sol grâce à une puissance de feu précise, mène la lutte antichar avec ses missiles Hellfire et effectue des missions de reconnaissance tout en restant capable d’engager des cibles. Il opère de jour comme de nuit, par tous les temps, y compris dans des environnements hostiles. Le magazine des FRA le décrit comme «une plateforme de combat aérien intégrée, conçue pour dominer les champs de bataille modernes».

Sa structure renforcée et ses systèmes de protection avancés lui permettent de tenir sur le champ de bataille. Deux turbomoteurs lui assurent puissance et fiabilité. Il atteint une vitesse maximale de 293 km/h, pour une autonomie de 480 km sans réservoirs supplémentaires, et un plafond opérationnel de 6.400 mètres. Son équipage compte deux membres, un pilote et un copilote opérateur des systèmes d’armes, installés dans un cockpit moderne équipé d’écrans tactiles multifonctions.

L’acquisition de cet appareil renforce, toujours selon le magazine des FRA, la dissuasion et la protection du territoire national, le Maroc pouvant ainsi «protéger son territoire et dissuader toute menace potentielle». Ses systèmes de communication avancés garantissent aussi son interopérabilité avec les forces alliées, notamment américaines. Il offre enfin une large capacité d’adaptation «des chars blindés aux drones ennemis».

Un deuxième lot réceptionné à Cap Darâa

Sept exemplaires de cet appareil ont rejoint les FAR lors d’une cérémonie tenue le vendredi 8 mai 2026 à Cap Darâa, dans la région de Tan-Tan, en amont de l’exercice African Lion. Cette livraison fait suite à la réception du premier contingent de six AH-64E Apache, intervenue en mars 2025.

Ces acquisitions découlent d’un accord intergouvernemental conclu en juin 2020 avec le département américain de la Défense, portant sur la livraison de 24 hélicoptères AH-64E Apache au total.

Avec plus de 1.300 appareils en service et plus de 5,3 millions d’heures de vol, dont 1,3 million en conditions de combat, l’appareil constitue l’épine dorsale de la flotte d’hélicoptères d’attaque de l’armée américaine et d’un nombre croissant de forces de défense internationales.

Par Hajar Kharroubi
Le 21/08/2026 à 13h01