Comme nous l’avions précédemment annoncé à nos lecteurs, Boualem Sansal sera l’invité de l’événement «Le Grand Témoin», organisé par Le360 le jeudi 29 octobre 2026 dans un grand hôtel de Casablanca. L’écrivain franco-algérien, membre de l’Académie française et grande voix de la littérature maghrébine d’expression française séjournera au Maroc une dizaine de jours. Des amis l’accompagneront également au cours de son périple. Xavier Driencourt, homme d’État et ancien ambassadeur de France en Algérie, sera présent du 28 octobre au 3 novembre, tandis qu’Arnaud Benedetti, auteur, politologue, enseignant à la Sorbonne et fondateur de La Nouvelle revue politique (NRP) le rejoindra du 1er au 6 novembre. Ils partageront avec lui plusieurs étapes dans les villes marocaines, les échanges publics comme les moments plus intimes du voyage.
«Le Grand Témoin» offre à la personnalité invitée le temps d’un échange approfondi sur son parcours, son œuvre et les sujets qui lui tiennent à cœur. Sansal pourra y évoquer ses livres, sa carrière, le Maroc qu’il retrouve après des décennies d’absence, ainsi que les événements qui, de son emprisonnement à sa libération, l’ont conduit à quitter définitivement l’Algérie pour s’installer avec sa famille à Paris.
Son dernier livre, «La Légende», paru en 2026, donnera à cette conversation une résonance particulière. À partir de son expérience de la détention, l’écrivain y interroge la justice, le pouvoir et la capacité d’un homme à se réapproprier son histoire. Cette reprise de parole prolonge les questions qui traversent son œuvre: comment préserver sa liberté intérieure, résister aux récits imposés et demeurer maître des mots qui disent sa vie?
Dakhla, un désir qui prend date
Dès le lendemain, vendredi 30 octobre, Boualem Sansal s’envolera pour Dakhla. Cette étape de trois jours, jusqu’au dimanche 1er novembre, répond à une demande expresse de l’écrivain. Il nous l’avait confié: «je veux voir Dakhla, c’est une ville qui me fascine, et je tiens à y être si je viens au Maroc». Ce sera chose faite.
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Le séjour lui permettra d’approcher plusieurs visages de la ville. Il pourra visiter le chantier du port Dakhla Atlantique avec la directrice de l’aménagement, Nisrine Iouzzi, rencontrer des élus locaux, notamment El Khattat Yanja, président du Conseil de la région qui lui servira de guide dans la ville, découvrir les projets qui accompagnent la transformation de ce territoire. Il prendra aussi le temps de s’imprégner de l’art de vivre et des coutumes des populations sahraouis de Dakhla, au fil des rencontres et des haltes prévues.
Pour Sansal, ces journées auront la saveur d’une curiosité enfin satisfaite. La ville qui le fascine prendra les contours d’un paysage vécu, de conversations et de souvenirs. Entre les rencontres officielles et les moments de découverte, une place sera ainsi réservée au simple plaisir d’être là.
Rabat: transmettre, discuter, lire ensemble
Invité chaleureusement par Mohammed Rhachi, président de l’Université Mohammed V de Rabat, Boualem Sansal est attendu le lundi 2 novembre, à 16 heures, pour une rencontre ouverte au public, avec les étudiants et les enseignants de la Faculté des lettres et des sciences humaines. L’écrivain a souhaité faire de ce rendez-vous universitaire un moment fort de son séjour, avec une attention particulière portée aux échanges autour de la littérature maghrébine de langue française.
Une conférence sera suivie d’une séance de questions-réponses. Les étudiants pourront ainsi interroger un auteur dont le parcours s’est construit au croisement de plusieurs métiers. Ingénieur de formation et docteur en économie, Sansal a été enseignant, chef d’entreprise et haut fonctionnaire au ministère algérien de l’Industrie. Encouragé par son ami, le romancier Rachid Mimouni, il entre en littérature avec «Le Serment des barbares», publié en 1999 et récompensé notamment par le Prix du premier roman.
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Ce livre inaugure une œuvre attentive aux fractures de la société algérienne et aux destins individuels emportés par les violences de l’histoire. Avec «Le Village de l’Allemand», «Rue Darwin» et «2084. La fin du monde», Sansal explore la mémoire, la filiation et les mécanismes de la domination. Son écriture conjugue puissance du récit, satire et réflexion sur les sociétés contemporaines. La critique de l’autoritarisme, de l’islamisme et des falsifications de l’histoire y accompagne une interrogation constante sur la liberté de conscience et la responsabilité de l’écrivain.
Son attachement à la langue française offre un autre terrain de discussion avec ce public universitaire. Dans «Le français, parlons-en!», Sansal examine les liens entre langue, culture, histoire et identité, tout en réfléchissant à l’héritage du français et à son avenir. Langue de création et de pensée, celui-ci occupe une place essentielle dans son itinéraire intellectuel.
Fès, entre histoire, littérature et géostratégie
Le mardi 3 novembre, cap sur la capitale spirituelle du Royaume, où Boualem Sansal sera accueilli par Mostapha Bousmina, Président de l’Université Euro-Méditerranéenne. L’écrivain posera ses valises pour trois jours à Fès. Il est attendu le mercredi 4 novembre, à partir de 15 heures, pour une rencontre ouverte au public, organisée par l’Université Euro-Méditerranéenne avec les étudiants et les enseignants-chercheurs.
Les échanges porteront sur la géostratégie en Méditerranée, au Maghreb et en Afrique. Ils permettront aussi de retrouver pleinement le romancier, qui évoquera son parcours et son œuvre devant le public de l’université. L’expérience de l’ancien haut fonctionnaire et le regard de l’écrivain pourront ainsi se répondre, dans une conversation ouverte sur les sociétés, leur histoire et les transformations de leur environnement régional.
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Ce parcours a reçu plusieurs distinctions prestigieuses: le Prix de la paix des libraires allemands en 2011 (pour son œuvre et son engagement en faveur du dialogue entre les cultures), le Grand Prix de la Francophonie en 2013 (pour l’ensemble de son œuvre et sa contribution au rayonnement de la langue française), le Grand Prix du roman de l’Académie française en 2015 («2084. La fin du monde»), puis le Prix mondial Cino Del Duca en 2025 (pour l’ensemble de son œuvre littéraire). Le 29 janvier 2026, son élection à l’Académie française, au fauteuil de Jean-Denis Bredin, a consacré la reconnaissance de son œuvre dans la littérature de langue française.
Les trois journées fassies feront également place à la découverte des souks et de la médina médiévale, ainsi que le remarquable musée de la Culture juive marocaine. Ce volet culturel prolongera les rencontres universitaires par une approche des lieux, des paysages et des traces de l’histoire.
Une mémoire familiale, des amis et des lecteurs
L’ensemble de ce voyage sera nourri par un attachement ancien au Maroc. Boualem Sansal y retrouve une part de son histoire familiale: son arrière-grand-père maternel était originaire de Taza, où il avait l’habitude de séjourner durant son enfance. À cette filiation s’ajoutent une affection profonde pour le Royaume et le désir de renouer avec son public marocain.
Dans l’entretien qu’il nous avait accordé en juillet, Sansal résumait ce lien en une phrase: «Je me suis toujours senti profondément marocain.» Son retour donnera un prolongement concret à cette confidence, avec la possibilité de confronter ses souvenirs d’enfance au Maroc d’aujourd’hui et de poursuivre, de vive voix, le dialogue avec ses lecteurs.
Informations pratiques:
Jeudi 29 octobre à Casablanca: «Le Grand Témoin», hôtel Hyatt Regency à 19h00.
Lundi 2 novembre à Rabat: Faculté des lettres et des sciences humaines (Université Mohammed V) à 16h00.
Mercredi 4 novembre à Fès: Université Euro-Méditerranéenne à 15h00.




