Gouvernement El Mansouri: le PAM écarte le RNI et se tourne vers la Koutla

Fatima-Zahra El Mansouri, cheffe du gouvernement désignée, quitte ce lundi vers 14h30 le siège régional du PAM à Rabat, après la reprise de ses consultations en vue de la formation du gouvernement. (Yassine Mannan/Le360)

Le scénario d’une majorité autour du PAM se précise. Selon des sources bien informées, Fatima Ezzahra El Mansouri privilégie désormais une coalition associant le PAM aux trois formations de la Koutla, l’Istiqlal, l’USFP et le PPS. Une formule qui disposerait de 207 sièges à la Chambre des représentants et dont la reprise des négociations avec le PPS, ce lundi, constitue un premier signal.

Le 05/10/2026 à 15h17

Le PAM, arrivé en tête des élections législatives du 23 septembre avec 97 sièges, aurait arrêté son orientation pour la constitution de la prochaine majorité gouvernementale. Le parti du Tracteur se tournerait vers les trois composantes historiques de la Koutla, après avoir écarté l’hypothèse d’une reconduction de l’alliance avec le RNI.

Cette configuration réunirait 207 députés à la Chambre des représentants. Dans le détail, le PAM dispose de 97 sièges, l’Istiqlal de 65, l’USFP de 26 et le PPS de 19 sièges. Cette majorité dépasserait de neuf sièges le seuil de la majorité absolue, fixé à 198 députés.

Le choix de cette architecture intervient dans le prolongement des consultations engagées par Fatima Ezzahra El Mansouri depuis sa nomination par le Roi. Il s’inscrit également dans la ligne qu’elle avait tracée samedi devant le Conseil national du PAM, où elle avait insisté sur la nécessité de former un «gouvernement politique fort».

La cheffe du gouvernement désignée avait alors expliqué que le futur Exécutif devait réunir «des responsables politiques, des compétences, des personnes intègres, éthiques, porteuses de valeurs et prêtes à se sacrifier pour cette nation». Un message qui traduisait sa volonté de privilégier une équipe gouvernementale à forte assise politique, mais également fondée sur les compétences et l’intégrité.

La reprise des négociations avec le PPS, ce lundi matin, intervient dans ce contexte. Ce deuxième round de discussions avec le parti dirigé par Mohamed Nabil Benabdallah concorde avec l’orientation désormais privilégiée par le PAM. Le PPS doit toutefois encore arrêter formellement sa position sur une éventuelle participation au gouvernement. Son Comité central se réunira ce mardi pour se prononcer sur cette option.

L’Istiqlal, de son côté, a déjà mandaté son secrétaire général, Nizar Baraka, pour négocier une participation au gouvernement. L’USFP doit, pour sa part, préciser sous peu sa position.

La formule de la Koutla reste appelée à être précisée dans les prochains jours. Au-delà de l’arithmétique parlementaire, les discussions devront porter sur le programme gouvernemental, la composition de l’Exécutif et la répartition des responsabilités entre les différentes formations appelées à soutenir le gouvernement El Mansouri.

Par Wadie El Mouden
Le 05/10/2026 à 15h17