Réaménagement de L’Océan à Rabat: la démolition d’immeubles se poursuit, les indemnisations aussi

L'ensemble du bâti longeant la côte est destiné à la démolition.(Y.Mannan/Le360)

Le 21/08/2026 à 15h52

VidéoÀ L’Océan, quartier historique de Rabat, les démolitions se poursuivent pour faire place à de futurs projets hôteliers et immobiliers haut de gamme en bord de mer. Toutefois, plusieurs élus locaux affirment tout ignorer de la nature de ces projets et de l’identité des investisseurs.

Si les autorités de Rabat gardent le silence sur cet ambitieux projet de réaménagement, des sources proches du dossier indiquent, sous couvert d’anonymat, que le périmètre des démolitions s’étendra sur la partie ouest du quartier. Il couvrira la zone située entre l’avenue Abdelkader El Khattabi, le boulevard Mustapha Assayeh et le luxueux hôtel Four Seasons en bord de mer.

Tous les immeubles le long de cette artère seront rasés. Interrogés, plusieurs élus dénoncent le flou entourant ces futurs projets: «Nous n’avons aucune visibilité sur l’identité des maîtres d’ouvrage», déplorent-ils.

Néanmoins, une source fiable nous a apporté des éclaircissements sur les rachats d’immeubles et de maisons. Selon elle, la procédure «se déroule dans la plus stricte légalité»: c’est la Direction des Domaines de l’État à Rabat qui négocie directement avec les propriétaires.

Dans le cadre de ce réaménagement, l’État vise la constitution de parcelles d’au moins 700 m². Des notaires agréés formalisent les ventes sur la base de barèmes précis: 13.000 dirhams le m² pour les biens titrés, et 10.000 dirhams pour les actes adoulaires. Quant aux familles qui occupaient des logements insalubres en sous-sol, elles ont été relogées dans des appartements financés par l’État, le recensement des bénéficiaires ayant été confié aux autorités locales.

Selon plusieurs riverains, la zone accueillera des résidences, des hôtels et des restaurants offrant une vue panoramique sur l’océan. «Après lui avoir tourné le dos pendant des décennies, l’objectif est de hisser notre littoral au niveau de la côte sud de l’Espagne», commente notre source, précisant toutefois qu’il faut «d’abord libérer le foncier avant d’identifier les investisseurs, qu’ils soient nationaux ou étrangers».

Un flou institutionnel persiste néanmoins: d’autres élus locaux confirment que le projet n’apparaît toujours ni sur la plateforme de l’Agence urbaine de Rabat, ni sur celle du Centre régional d’investissement (CRI). Les prochains mois devraient enfin lever le voile sur ce chantier majeur, censé préserver les droits de toutes les parties.

Par Mohamed Chakir Alaoui et Yassine Mannan
Le 21/08/2026 à 15h52