Rentrée scolaire: les libraires suspendent le dialogue et montent au créneau

Des manuels scolaires.. DR

Revue de presseÀ l’approche de la rentrée, la crise du manuel scolaire s’aggrave. La Ligue des libraires du Maroc rompt le dialogue avec le ministère de l’Éducation nationale. Les professionnels dénoncent des ruptures de stock récurrentes et des marges insuffisantes, balayant les discours officiels rassurants. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 21/08/2026 à 20h21

À mesure que la rentrée scolaire se profile, la crise des livres scolaires semble prendre une tournure plus conflictuelle. La Ligue des libraires du Maroc a en effet décidé de rompre le dialogue avec le ministère de l’Éducation nationale, dénonçant l’absence de réponse à ses doléances, en particulier s’agissant de l’approvisionnement en manuels et des marges bénéficiaires accordées aux détaillants.

Ce durcissement intervient alors que le marché, selon la Ligue, connaît des carences notables sur plusieurs titres, singulièrement ceux adoptés dans le cadre du système des «écoles d’excellence», relaie Al Akhbar de ce week-end (22 et 23 août). Les libraires soulignent que, bien que l’impression des ouvrages scolaires ait débuté dès le mois de mars, cette mesure n’a en rien remédié aux pénuries constatées sur de nombreuses références. Ils expriment par ailleurs leur stupéfaction face aux déclarations officielles garantissant une offre suffisante, alors que les remontées du terrain font état, au contraire, de difficultés d’approvisionnement et de distribution persistantes.

Les points de friction entre la Ligue et le ministère ne se limitent toutefois pas à la seule question logistique. La problématique des marges bénéficiaires constitue le dossier le plus explosif, attisant régulièrement les tensions. Les libraires maintiennent leur refus de commercialiser les manuels des «écoles d’excellence» édités par certaines maisons, qu’ils accusent de ne pas respecter la marge réservée aux détaillants. Ils déplorent en outre que l’absence d’une marge clairement définie dans le cahier des charges, validé par plusieurs éditeurs, laisse aux distributeurs une latitude discrétionnaire dans la gestion de ces taux. Ce qui accentue la pression exercée sur les librairies, en particulier les petites structures dont l’équilibre financier repose en grande partie sur les ventes de la rentrée, écrit Al Akhbar.

Devant l’enlisement des divergences, la Ligue a donc acté la suspension des échanges avec le ministère, tout en affirmant son intention de poursuivre la défense des droits de la profession par les voies légales. Elle appelle parallèlement les libraires à renforcer leur coordination, leur unité et leur adhésion à une position professionnelle commune. Les professionnels alertent sur les conséquences d’un tel blocage: tout retard dans la résolution des problèmes d’approvisionnement et de distribution pénalise d’abord les élèves et leurs familles, sans oublier les répercussions économiques directes sur le réseau des librairies.

Par Hassan Benadad
Le 21/08/2026 à 20h21