À l’approche des élections, le dossier des expropriations en suspens s’invite dans le débat local

Réunion d'activation de la commission de suivi des élections pour les législatives de 2026, le 20 juillet 2026, au ministère de l'Intérieur, à Rabat.

Revue de presseÀ l’approche des échéances électorales, la question des expropriations refait surface dans l’arène publique, ravivant les tensions entre collectivités, propriétaires et citoyens. Entre procédures contestées, évaluations jugées opaques et délais de paiement qui s’éternisent, ces dossiers sensibles, longtemps enfouis dans les administrations, pourraient bien devenir un levier politique majeur lors des campagnes électorales. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 18/08/2026 à 17h37

À quelques semaines des prochaines élections, la question épineuse des expropriations ressurgit avec une vigueur nouvelle dans le débat public local. Derrière cette actualité, émergent les conséquences souvent contestées de nombreux projets d’aménagement et d’équipement, dont les répercussions nourrissent un faisceau de critiques à l’endroit des collectivités territoriales. Sont notamment pointées du doigt les modalités procédurales des expropriations, le montant des indemnisations allouées aux propriétaires concernés, ainsi que la lenteur chronique à liquider certains dossiers, pour certains en souffrance depuis de longues années.

Ces affaires revêtent une acuité particulière en raison de leur lien direct avec la relation de confiance —ou de défiance— qui unit les élus aux citoyens et aux détenteurs de biens fonciers ou immobiliers, rapporte Al Akhbar de ce mercredi 19 août. La persistance de contentieux autour de plusieurs opérations interroge sur le degré de régularité des démarches entreprises, la fiabilité des expertises foncières et l’effectivité des délais prévus pour mettre en œuvre les décisions d’expropriation.

Parmi les difficultés récurrentes figurent les doléances de propriétaires dénonçant la lenteur des procédures, l’absence de versement des indemnités dans des délais jugés raisonnables, ou encore les écarts souvent considérables entre les offres des maîtres d’ouvrage et les montants que les intéressés estiment légitimes. À ces griefs s’ajoutent, pour certaines communes, des critiques relatives à la mise en œuvre concrète des étapes de l’expropriation et aux retards accumulés dans le règlement des situations individuelles.

Par ailleurs, plusieurs opérations soulèvent des interrogations plus profondes sur la cohérence même des projets expropriatoires au regard des finalités affichées, ainsi que sur la responsabilité des conseils communaux dans la conduite de l’ensemble du processus. L’actualisation de ces contentieux intervient dans un climat politique déjà sensible, à quelques encablures d’élections qui risquent de faire de la question immobilière et indemnitaire un instrument de pression locale.

La persistance de ces conflits pourrait contraindre les conseils communaux à subir une double épreuve, politique et judiciaire, tout particulièrement dans les villes et régions où se déploient de vastes programmes d’urbanisme ou d’infrastructures routières, écrit Al Akhbar. À cela s’ajoutent des accusations récurrentes de «dysfonctionnements» qui, sur le plan institutionnel, appellent une vérification rigoureuse des faits, des actes et des documents, ainsi qu’une imputation des responsabilités sur des bases strictement juridiques et non au gré des seules convenances électoralistes.

Ainsi, les dossiers d’expropriation pourraient bien, dans les prochains mois, faire l’objet d’échanges houleux. Les questions foncières et indemnitaires, jusqu’alors confinées aux rouages de l’administration ou aux juges des tribunaux, auront toute latitude à envahir les débats, dans les différentes circonscriptions où se déroulera ce scrutin législatif.

Par Hassan Benadad
Le 18/08/2026 à 17h37