Législatives: l’Intérieur verrouille les communes et cible le détournement des documents administratifs

Abdelouafi Laftit, ministre de l'Intérieur

Revue de presseÀ quelques semaines des élections législatives du 23 septembre, le ministère de l’Intérieur durcit drastiquement le contrôle sur les collectivités territoriales. Face aux risques de détournement de documents officiels, d’octroi de certificats fonciers litigieux et de dérives dans la gestion du personnel occasionnel, le pouvoir central hausse le ton pour imposer la neutralité administrative et verrouiller le scrutin contre toute tentative d’influence partisane. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 16/08/2026 à 19h37

À l’approche des échéances électorales décisives, le ministère de l’Intérieur intensifie ses mécanismes de contrôle et de surveillance au sein des collectivités territoriales. Dans un contexte marqué par les préparatifs des élections législatives fixées au 23 septembre prochain, les services centraux du ministère expriment des inquiétudes grandissantes quant à l’exploitation potentielle de documents et certificats administratifs à des fins de propagande ou pour favoriser des candidats pressentis. «Cette offensive administrative vise à empêcher que la délivrance d’actes officiels ne transforme la gestion locale en un instrument d’influence électorale ou de régularisation d’affaires foncières et administratives suspectes avant le jour du scrutin», indique le quotidien Al Akhbar dans son édition du lundi 17 août.

Cette mobilisation générale intervient alors que le niveau de vigilance a été porté à son maximum au sein des administrations locales. Des rapports alarmants émanant des divisions des affaires intérieures de plusieurs préfectures et provinces ont donné l’alerte, mettant en évidence des perturbations dans le fonctionnement régulier de certains services communaux ainsi que des situations de vacance administrative. Face à ces signaux, l’appareil d’inspection centrale a placé sous haute surveillance l’ensemble des documents délivrés par les services communaux, en particulier ceux ayant des implications directes sur le statut juridique, foncier ou urbanistique des citoyens. L’objectif prioritaire consiste à vérifier le respect strict des procédures légales et à étouffer toute tentative de détournement de la puissance publique au profit d’intérêts partisans.

La période préélectorale constitue en effet un moment critique où les prestations et décisions administratives territoriales se trouvent au cœur des rivalités politiques, singulièrement dans les circonscriptions connaissant une forte compétition. Cette rigueur renouvelée s’inscrit dans le cadre d’un renforcement plus vaste de la tutelle administrative sur la gestion des collectivités. Auparavant, des directives fermes avaient déjà été adressées aux agents d’autorité pour contrer ce que plusieurs rapports qualifient d’hégémonie de certains élus locaux au sein des services communaux, tout en rappelant la nécessité de se conformer rigoureusement aux dispositions de la loi organique relative aux communes. «Les autorités entendent ainsi barrer la route aux intermédiaires et courtiers électoraux, notamment à travers une surveillance accrue de l’attribution des subventions aux associations et de la gestion des contrats de travail occasionnel», souligne Al Akhbar.

Alors que le calendrier fixe les élections législatives pour la Chambre des représentants au 23 septembre 2026, au terme d’un processus de révision des listes électorales générales mené entre le 15 mai et le 13 juin 2026, la pression s’intensifie sur l’administration territoriale. La nature même des services de proximité rendus par les communes en fait un terrain particulièrement vulnérable aux dérives. C’est pourquoi le contrôle s’étend au-delà de la simple vérification documentaire pour englober l’ensemble des moyens matériels et humains susceptibles d’être instrumentalisés durant cette phase d’intense pré-campagne.

Cette fermeté accroît considérablement la responsabilité des présidents de communes ainsi que des fonctionnaires territoriaux. Toute délivrance d’un document administratif doit désormais reposer sur des dossiers irréprochables et pleinement conformes au cadre réglementaire en vigueur. Les manquements, les dépassements d’attributions ou le non-respect des procédures exposent directement leurs auteurs à de lourdes sanctions administratives et judiciaires. Des rapports d’inspection récents ont d’ailleurs mis au jour des cas d’octroi de certificats litigieux ayant servi dans des transactions foncières douteuses, illustrant les dangers majeurs que représente le dévoiement de l’acte administratif, lit-on encore.

Pour le ministère de l’Intérieur, la préparation des prochaines législatives ne saurait se limiter aux seuls aspects logistiques, tels que la gestion des listes d’émargement ou l’organisation des bureaux de vote. Elle implique une vigilance inflexible quant à la neutralité de l’appareil administratif local. En garantissant qu’aucune ressource ni aucun document public ne soient détournés au profit de forces politiques ou de candidats spécifiques, l’État entend préserver l’équité des chances, le principe de neutralité de l’administration et la sincérité du scrutin à venir.

Par La Rédaction
Le 16/08/2026 à 19h37