Le tribunal de première instance de Kénitra examine une retentissante affaire d’escroquerie et de corruption impliquant un imam exerçant dans la zone de Boussair dans la province de Ouezzane.
L’affaire débute lorsqu’un retraité domicilié à Kénitra approche le père de trois frères écroués pour coups et blessures. L’homme prétend qu’un imam de sa connaissance détient de hauts appuis dans l’appareil judiciaire et peut obtenir la libération de ses fils. Après négociations, l’accord est conclu contre la somme de 110.000 dirhams. L’imam exige alors que cette somme soit remise «directement au procureur du Roi», rapporte le quotidien Assabah dans son édition du week-end des 29 et 30 août.
Une rencontre est ensuite organisée entre les parents des détenus et un individu en costume-cravate, se présentant comme le procureur du Roi. Validant la transaction, le faux magistrat pousse le cynisme jusqu’à demander aux parents d’aller attendre leurs enfants devant la prison locale. Après une journée entière à patienter en vain, la famille tente de joindre l’intermédiaire, qui prétexte que l’imam est «en réunion avec de hauts responsables».
Comprenant qu’ils ont été piégés, les parents déposent plainte. L’intermédiaire est rapidement interpellé et affirme lors de son interrogatoire avoir lui-même été manipulé par l’imam, rencontré dans un café face au palais de justice de Kénitra lors d’une précédente affaire.
L’enquête a déjà permis l’arrestation de deux complices. L’imam mis en cause, surnommé «rouhani» (le charlatan), a refusé d’honorer la convocation des enquêteurs et fait désormais l’objet d’un mandat de recherche actif.



