Législatives: trois ministres en compétition à Taroudant

Abdellatif Ouahbi, ministre de la Justice, lors de son intervention devant la Chambre des conseillers, le 10 décembre 2024. (Y.Mannan/Le360)

Revue de presseEn direct de leur fief natal, trois membres du gouvernement actuel jettent toutes leurs forces dans la course aux législatives au sein de la province de Taroudant. Cette compétition à haut risque promet de redessiner l’échiquier politique local pour l’attribution des sept sièges parlementaires de la région.

Le 28/08/2026 à 20h17

Trois membres du gouvernement actuel s’engagent pleinement dans la compétition électorale au sein de la province de Taroudant, une région qui constitue leur berceau natal respectif. Cette confrontation électorale s’annonce particulièrement intense pour l’obtention de l’un des sept sièges parlementaires dévolus à l’ensemble de la province, indique le quotidien Al Akhbar dans son édition du weekend du 29 et 30 août.

Abdellatif Ouahbi, ministre de la Justice, remet son siège en jeu dans la circonscription de Taroudant-Nord sous les couleurs du Parti Authenticité et Modernité, une fonction législative qu’il a déjà occupée lors des deux derniers mandats. De son côté, Lahcen Saadi, secrétaire d’État auprès de la ministre du Tourisme, de l’Artisanat et de l’Économie sociale et solidaire, chargé de l’Artisanat et de l’Économie sociale et solidaire, retourne également sur sa terre natale. Ancien cadre du secteur de l’éducation, Saadi se présente aux législatives en s’appuyant sur son ancrage politique au sein du Rassemblement national des indépendants. Il ambitionne de conserver le siège remporté lors du scrutin du 8 septembre 2021, au cours duquel il avait recueilli le plus grand nombre de suffrages dans la circonscription Nord avec 56.693 voix, se hissant ainsi à la première place.

L’élection s’annonce disputée en raison de la présence de figures locales influentes, à l’image d’Ahmed Zahidi, deuxième sur la liste de Saadi et président de la commune de Sidi Bouaal, un pôle du RNI dans la région. Saadi compte également sur le soutien des coopératives et organisations professionnelles de produits du terroir, avec lesquelles il a maintenu un contact étroit dans le cadre de ses attributions ministérielles. Toutefois, ses ambitions se heurtent à la vive concurrence attendue dans cette circonscription à forte dominante rurale et montagneuse.

Le duel électoral ne se limitera pas aux deux ministres du PAM et du RNI. Abdellatif Ouahbi mise pour sa part sur le bilan de sa gestion municipale à la tête de la ville de Taroudant au cours des cinq dernières années, en dépit de ses fréquentes absences liées à ses responsabilités gouvernementales. L’ancrage du PAM dans la région s’appuie sur plusieurs présidents de communes qui entendent mobiliser un vivier d’électeurs capable de lui assurer un siège. La circonscription de Taroudant-Nord voit s’affronter plusieurs machines électorales portées par des figures bien implantées localement, lit-on dans Al Akhbar.

Parmi les autres forces en présence dans cette circonscription du Nord figure le candidat du Parti de la justice et du développement, Abdelaziz El Bahja, ancien député de la circonscription et ancien président de la commune d’Oulad Berhil. La formation du PJD, arrivée deuxième lors du scrutin de 2021 avec 32.751 voix, devançait alors Ouahbi en nombre absolu de suffrages. La circonscription de Taroudant-Nord connaîtra ainsi une compétition serrée pour l’attribution de ses quatre sièges. D’autres formations politiques ont investi des candidats notables pour regagner du terrain, comme le Mouvement Populaire avec Moulay Mohamed Aït Bela, l’Union Constitutionnelle avec Mohamed Belhi, le Parti du Progrès et du Socialisme avec Ibrahim Naji, ainsi que l’Union Socialiste des Forces Populaires représentée par Al Hassan Aït Daoud.

Dans la circonscription de Taroudant-Sud, la compétition s’annonce tout aussi vive. Abdelsamad Kayouh, ministre des Transports et de la Logistique et membre du bureau exécutif du Parti de l’Istiqlal, a choisi de se présenter dans cette zone. Il est le seul membre du gouvernement à concourir dans cette circonscription, où la bataille s’annonce décisive pour décrocher l’un des quatre sièges attribués. Kayouh s’appuie sur la présence historique de son parti et sur la notoriété de sa famille politique dans la région, fort des plus de 40 000 voix obtenues lors des élections de 2021. Malgré ces atouts, la préservation de son siège ne sera pas aisée face à la concurrence des deux autres partis de la majorité, le PAM et le RNI, ainsi que du PJD.

Par La Rédaction
Le 28/08/2026 à 20h17