Grève des avocats: le procès des 21 prévenus dans l’affaire des deux immeubles effondrés à Fès reporté au 7 septembre

Vue de l'effondrement de deux immeubles résidentiels à Fès (lotissement Al Mustakbal), qui a fait 22 victimes en décembre dernier. (Y.Jaoual/Le360)

Bloqué par la grève nationale des avocats, le procès des 21 prévenus poursuivis dans l’affaire de l’effondrement des deux immeubles du lotissement Al Moustakbal à Fès a été reporté au 7 septembre. Initialement prévue le 10 août devant la Cour d’appel, cette première audience devait permettre de juger les responsabilités dans ce drame qui a fait 22 morts et 16 blessés.

Le 11/08/2026 à 13h29

Prévue initialement ce lundi 10 août devant la chambre criminelle de première instance chargée des crimes financiers près la Cour d’appel de Fès, la première audience du procès lié à l’effondrement de deux immeubles du lotissement Al Moustakbal (quartier Al Massira) a été renvoyée au 7 septembre prochain. En l’absence de la défense, mobilisée par la grève nationale des avocats, la Cour n’a pas pu procéder à l’examen du dossier.

21 prévenus doivent comparaître dans cette affaire, parmi lesquels des élus, des fonctionnaires, des agents d’autorité, des entrepreneurs, des ingénieurs et des écrivains publics. Le président de l’arrondissement de Zouagha, Ismaïl El Jay, son vice-président Abdellah El Hadaf, ainsi que les propriétaires des deux immeubles, des fonctionnaires communaux et des agents d’autorité, figurent notamment parmi les personnes poursuivies.

Les poursuites portent sur plusieurs faits présumés, dont la corruption, la construction sans autorisation et le non-respect des règles d’urbanisme. Certains prévenus sont également poursuivis pour des faits ayant contribué, selon les éléments de l’enquête, aux décès et aux blessures causés par le drame.

Menées au lendemain de l’accident, les investigations judiciaires et techniques ont fait ressortir de multiples irrégularités dans la construction des deux immeubles. Des étages supplémentaires auraient notamment été érigés sans les autorisations requises. L’enquête a également pointé l’utilisation de matériaux de récupération et des anomalies dans la cession du droit à l’air.

Par ailleurs, les investigations ont mis en lumière l’établissement de contrats de vente en marge de la légalité, ainsi que la délivrance de certificats d’habitation sans le moindre respect des procédures réglementaires en vigueur.

Au terme de l’instruction menée par le juge, le dossier a été transmis au procureur général du Roi, qui a ordonné son renvoi devant la chambre criminelle.

Les débats sont désormais attendus le 7 septembre. La Cour devra se pencher sur les faits reprochés aux 21 prévenus et sur les responsabilités pénales de chacun dans l’effondrement des deux immeubles, un drame qui avait coûté la vie à 22 personnes et fait 16 blessés.

Par Youssra Jaoual
Le 11/08/2026 à 13h29