Le parquet a poursuivi les mis en cause pour «homicide et blessures involontaires», «corruption», «disposition d’un bien insaisissable» et «délivrance indue de certificats administratifs». La Brigade régionale de la police judiciaire a déféré les suspects le jour même devant le procureur général du Roi, qui a ordonné l’ouverture d’une enquête. Par la suite, le juge d’instruction a décidé de placer huit prévenus en détention provisoire à la prison de Bourkaiz, parmi lesquels figurent deux auxiliaires d’autorité, un entrepreneur, deux fonctionnaires, un vigile et un chauffeur de taxi.
Parmi les accusés laissés en liberté sous contrôle judiciaire, le président de l’arrondissement de Zouagha (élu de l’Istiqlal) et son vice-président (issu du RNI), ainsi que des ingénieurs, des fonctionnaires, des intermédiaires et des rédacteurs publics, tous sont impliqués dans cette affaire portant sur l’établissement de contrats de vente de constructions illégales.
L’effondrement de ces deux immeubles à Fès est à corréler à des dysfonctionnements ayant marqué le relogement d’habitants de bidonvilles, selon des sources informées interrogées par Al Akhbar de ce vendredi 17 avril. Elles précisent que le quartier Al Massira, dans l’arrondissement de Zouagha, où la plupart des habitants ont bénéficié de lots de terrain, en opérationnalisation d’une stratégie de lutte contre les habitats insalubres -dont un bidonville proche du quartier Ben Debbab– a permis de faire attribuer à des personnes qui vivaient dans des conditions insalubres des parcelles de 70 à 100 m², avec une autorisation de construire un rez-de-chaussée et deux étages.
De nombreuses violations de ces dispositions caractérisent cette opération de relogement, et désormais ce quartier de Fès est devenu un amas de constructions défiant les normes: on peut y observer des immeubles de quatre à cinq étages, tous construits alors que les autorités locales avaient bien voulu, obligeants, «fermer les yeux».



