Littoral de Sidi Bernoussi: après la fermeture du complexe The View 360, une grande piscine municipale à l’étude

Le complexe The View 360, vu depuis la plage de Nahla. (A.Gadrouz/Le360)

On en sait plus sur les raisons qui ont conduit à la fermeture de plusieurs établissements situés sur le littoral de Sidi Bernoussi, dont le célèbre restaurant The View 360. En toile de fond, l’arrivée à échéance du contrat de bail liant l’exploitant à la commune, et une réflexion déjà engagée autour de la reconversion du site dans le cadre de la valorisation du littoral de Casablanca.

Le 07/06/2026 à 14h38

Selon les informations recueillies par Le360, le complexe abritant les établissements concernés est implanté sur un terrain appartenant à la commune de Casablanca, auquel s’ajoute une petite portion relevant du domaine maritime déjà libérée. Arrivé à échéance, le contrat d’exploitation n’a pas été renouvelé, entraînant la fermeture de l’ensemble des activités présentes sur le site.

Le projet avait été initié dans les années 80 par la commune de Aïn Sebaâ, alors dirigée par feu Abderrazak Afilal, fondateur de l’Union générale des travailleurs du Maroc (UGTM). Il s’inscrivait dans une volonté de doter le quartier d’un espace entièrement dédié à la jeunesse, associant infrastructures sportives et activités de loisirs.

Avec l’évolution du découpage électoral, le périmètre du site a été rattaché à la commune de Sidi Bernoussi, avant que la propriété du terrain ne revienne à la commune de Casablanca, à la suite de la mise en œuvre du système de l’unicité de la ville.

Dans le cadre d’une procédure d’appel d’offres lancée en 2016, l’exploitation du site a été confiée à la famille Zouhair, connue pour ses investissements dans le délavage industriel (à travers la société Sodecasa), mais aussi dans la promotion immobilière, via la société Sama. Un contrat de location d’une durée de dix ans avait été signé.

L’exploitant a ensuite développé sur place un ensemble d’équipements: café-restaurant The View 360, piscine, terrains de sport, etc. Le site comprend également un parc pour enfants Fantasy Park, une salle de fêtes Taj Al Arousse, ainsi que des espaces commerciaux tels que Mon Jouet.

La décision de mettre fin au contrat a été prise après une tournée effectuée cela fait un an par le wali de la région, Mohamed Mhidia, accompagné d’élus locaux. Plusieurs dépassements auraient été relevés sur le site, conduisant les autorités à décider de ne pas renouveler la concession une fois arrivée à son terme.

Cette décision entraîne la fermeture de l’ensemble des activités installées sur le site, affectant aussi bien les structures de restauration que les espaces de divertissement et la salle de fêtes.

La fermeture du site a provoqué de nombreuses réactions parmi les abonnés du complexe sportif, qui considéraient cet espace comme un lieu essentiel de détente pour les habitants des quartiers environnants.

Sur les réseaux sociaux, de nombreux usagers s’interrogent sur le sort de leurs abonnements et sur la possibilité ou non d’un remboursement. La situation touche également des familles ayant réservé des événements privés, notamment des mariages prévus dans la salle de fêtes Taj Al Arousse, qui se retrouvent dans une situation d’incertitude.

Quelle orientation pour l’avenir du site et quelle suite sera réservée à ce dossier? La question est aujourd’hui sur toutes les lèvres. Dans un premier temps, la commune de Casablanca, propriétaire du foncier, devrait en reprendre possession. Selon nos informations, une réflexion est déjà engagée autour de la reconversion du terrain, avec plusieurs scénarios à l’étude. Parmi les pistes évoquées figure la création d’une grande piscine municipale, inspirée de celle de Rabat, située sur le littoral atlantique dans la zone de Yacoub El Mansour et couvrant environ 17 hectares.

Le site du complexe The View 360 se situe dans le prolongement de la corniche d’Aïn Sebaâ, une façade littorale appelée à connaître une nouvelle dynamique. Le nouveau plan d’aménagement récemment adopté par l’Agence urbaine de Casablanca prévoit une requalification progressive de ces zones côtières, comme l’a révélé la maire de Casablanca, Nabila Rmili, lors de son passage à l’émission Grand Format sur Le360.

Ce plan classe désormais ces zones comme non constructibles, ouvrant ainsi la voie à l’expropriation des terrains privés situés dans ce périmètre et, par conséquent, à une future extension du projet de la corniche d’Aïn Sebaâ.

Au-delà de la fermeture des établissements concernés, c’est tout un pan du littoral de Sidi Bernoussi et d’Aïn Sebaâ qui s’apprête à être reconfiguré. Entre récupération du domaine public, nouveaux équipements municipaux et extension de la corniche, la zone pourrait connaître une profonde mutation urbaine dans les années à venir, dans le cadre de la stratégie de valorisation du littoral de Casablanca.

Par Wadie El Mouden
Le 07/06/2026 à 14h38