Corniche d’Aïn Sebaâ: nouveau rebondissement, le projet entre dans une nouvelle phase

La promenade de Aïn Sebaâ. (A.Gadrouz/Le360)

Le 15/05/2026 à 12h06

VidéoLa corniche d’Aïn Sebaâ, pointée du doigt pour ses manquements, en particulier l’absence d’espaces verts pourtant prévus dans la maquette initiale, connaît un nouveau rebondissement avec l’adoption d’un nouveau plan d’aménagement. Une évolution qui pourrait corriger les lacunes constatées lors de la livraison du projet et renouer avec les ambitions de départ.

Mi-2025, une polémique née sur les réseaux sociaux a mis en lumière le décalage entre la maquette imaginée par l’architecte Tarik Oualalou et la réalité des travaux réalisés par l’entreprise Benlhou Frères. Les habitants des quartiers avoisinants ont alors exprimé leur déception face à l’état dans lequel a été livrée la corniche d’Aïn Sebaâ, n’hésitant pas à établir des comparaisons, souvent peu flatteuses, avec d’autres aménagements similaires, notamment à Aïn Diab, Rabat ou Tanger.

Malgré ces critiques, le site connaît un réel engouement. L’affluence, particulièrement en soirée, en est la preuve. Des milliers de personnes s’y rendent quotidiennement, signe que cet aménagement répond à un besoin réel des habitants.

Cet engouement ne saurait toutefois exonérer la commune de ses responsabilités quant au décalage entre l’état actuel de la promenade et les promesses de la maquette initiale. «Cette différence s’explique principalement par la nature du foncier. Contrairement au parc de la Mosquée Hassan II, où les terrains étaient concentrés et ont permis un aménagement cohérent et étendu, la zone d’Aïn Sebaâ est majoritairement constituée de propriétés privées. Les terrains situés entre la route côtière et la mer appartiennent en grande partie à des particuliers, avec très peu de parcelles relevant de la commune», a expliqué Nabila Rmili, maire de Casablanca, lors de son passage à l’émission «Grand Format Le360».

Dans ce contexte, l’aménagement actuel s’est limité essentiellement au domaine maritime exploitable. Comme nous l’indiquions dans un précédent article, le projet réalisé à ce jour constitue une première étape. «La vision initiale prévoyait une extension plus large avec davantage d’espaces verts, mais cela n’était pas possible dans le cadre de l’ancien plan d’aménagement», précise la maire.

Une avancée importante vient toutefois d’être enregistrée. Nabila Rmili indique qu’elle venait tout juste de sortir d’une réunion de la commission centrale à l’Agence urbaine de Casablanca, tenue ce mercredi 13 mai, au cours de laquelle un nouveau plan d’aménagement pour Aïn Sebaâ a été validé. Ce plan classe désormais ces zones comme non constructibles, ouvrant ainsi la voie à une future extension du projet.

Néanmoins, souligne Rmili, la concrétisation de cette ambition nécessitera la mobilisation de financements conséquents afin de procéder à l’expropriation des terrains privés, qui s’étendent sur des centaines d’hectares. Un défi financier de taille.

«L’ambition du conseil est de faire évoluer la corniche d’Aïn Sebaâ afin qu’elle réponde pleinement aux attentes des habitants, avec davantage d’espaces verts et une amélioration sensible de la qualité de vie», conclut-elle.

Par Wadie El Mouden et Khadija Sabbar
Le 15/05/2026 à 12h06