Les transporteurs opérant sur les liaisons entre le Maroc et l’Europe se heurtent depuis plusieurs mois à des délais jugés excessifs dans le traitement de leurs demandes de visas, à des difficultés de renouvellement et, dans certains cas, à des refus. Ces obstacles désorganisent directement les chaînes logistiques.
«Face à cette situation, le Maroc et l’Union européenne examinent plusieurs solutions pour fluidifier les procédures au profit des conducteurs et des entreprises opérant dans le transport international», écrit le quotidien Les Inspirations Eco du 15 mai.
En marge du salon Logismed, Abdessamad Kayouh, ministre du Transport et de la Logistique, a indiqué que la question avait été au centre d’une réunion tenue lundi par visioconférence avec le commissaire européen au Transport durable. «Cette réunion a été très positive», a-t-il souligné. Les propositions formulées lors de cet échange doivent désormais être examinées avec l’Espagne, porte d’entrée stratégique pour le fret routier marocain vers l’espace européen.
Le ministre a également précisé que ces discussions interviennent dans l’attente d’amendements à la réglementation relative aux visas électroniques, attendus dans les prochaines semaines. De leur côté, les opérateurs réclament surtout des mesures immédiatement applicables pour contenir une situation qu’ils jugent déjà chaotique, lit-on dans Les Inspirations Eco.
Dans un contexte où les échanges commerciaux entre le Maroc et l’Union européenne continuent de progresser, les transporteurs estiment que l’accès au territoire européen ne peut rester soumis à une telle incertitude. Les retards dans l’obtention des documents de voyage affectent les calendriers de livraison, augmentent les coûts d’exploitation et réduisent la visibilité des entreprises engagées sur les corridors internationaux.
Cette tension s’ajoute à des fragilités déjà identifiées par la profession : pression sur les marges, pénurie de chauffeurs, renchérissement des coûts et inquiétudes liées à l’évolution des dispositifs européens de contrôle aux frontières. Face à cette accumulation de contraintes, les représentants du secteur ont multiplié les démarches auprès des autorités concernées. Plusieurs réunions ont été organisées avec les consulats d’Espagne et de France afin de faire remonter les blocages rencontrés par les entreprises et de trouver des mécanismes de traitement plus adaptés à la réalité des flux professionnels.
Selon Amer Zghinou, président de l’Association marocaine des transports routiers intercontinentaux (AMTRI), les discussions avec l’Espagne évoluent favorablement. «Les échanges avancent bon train avec la partie espagnole et il n’y a, à ce stade, aucune remontée particulière à indiquer», souligne-t-il. Le constat est en revanche beaucoup plus nuancé concernant la France. «Nous faisons face à des difficultés de communication. Des décisions sont prises lors des multiples rencontres tenues à Rabat, mais sans résultats probants», déplore le président de l’AMTRI.




