Dans un contexte de mécontentement croissant au sein d’un secteur clé reliant le Maroc aux marchés européens, la Fédération marocaine du transport routier international a annoncé une journée de grève de 24 heures. Une décision prise face à la persistance d’obstacles pesant sur les entreprises et les chauffeurs, au premier rang desquels les difficultés liées aux visas et aux restrictions de circulation dans l’espace Schengen, indique Al Ahdath Al Maghribia de ce mercredi 29 avril.
La grève débutera mardi 5 mai à huit heures du matin et se prolongera jusqu’au mercredi 6 mai à la même heure. Une action que la Fédération présente comme un «mouvement responsable» visant à alerter les autorités sur l’ampleur de la crise. Cette décision fait suite à une réunion de concertation organisée à Agadir avec les professionnels du transport international, après plusieurs consultations menées dans différentes villes, dont Tanger et Agadir.
Au cœur des revendications, la question des visas cristallise les tensions, écrit Al Ahdath Al Maghribia. Les transporteurs dénoncent les retards dans l’obtention des rendez-vous et des documents nécessaires pour accéder à l’Europe, des dysfonctionnements qui perturbent les trajets, retardent les opérations de chargement et de déchargement, et compromettent le respect des délais d’exportation et d’importation.
«Chaque jour perdu se traduit par des pertes financières pour nos entreprises et une fragilisation de notre compétitivité», souligne un professionnel du secteur cité par le quotidien. La règle des 90 jours sur une période de 180 jours, en vigueur dans l’espace Schengen, aggrave la situation. Cette mesure limite la durée de séjour des chauffeurs en Europe et impose aux entreprises des montages logistiques complexes pour gérer les trajets longs et répétés. «Nous ne demandons pas des passe-droits, mais des solutions adaptées à la réalité de notre métier», insiste un représentant de la Fédération.
Pour les professionnels, cette crise dépasse le cadre d’une simple revendication sectorielle. Le transport routier international constitue un maillon essentiel des échanges commerciaux entre le Maroc et l’Europe, et son bon fonctionnement conditionne la compétitivité des exportations marocaines, ainsi que la régularité des chaînes d’approvisionnement. «Si rien n’est fait, c’est toute l’économie du pays qui en pâtira», avertit un transporteur. Le mouvement de grève envoie un message clair aux autorités: le secteur réclame des mesures concrètes, comme la simplification des procédures de visa, l’ouverture d’un dialogue institutionnel avec les partenaires européens et une révision des restrictions qui ne tiennent pas compte des spécificités du métier de chauffeur professionnel. «Nous ne voulons pas bloquer l’économie, mais nous n’avons plus le choix», explique un membre de la Fédération. Le succès de cette journée de grève permettra de déterminer si la crise se limitera à un mouvement de protestation, ou si elle évoluera vers un durcissement des actions dans les semaines à venir. «L’objectif n’est pas de paralyser, mais de faire bouger les lignes», a affirmé un responsable de cette activité.




