Un tunnel sous-marin pour relier le Portugal et le Maroc

Tanger, à l'extrémité du nord-ouest du royaume, sur le détroit de Gibraltar, se trouve à 14 kilomètres de la côte espagnole et à la périphérie du massif montagneux du Rif.

Tanger, face au détroit de Gibraltar, est à près de 14 kilomètres des côtes de la péninsule ibérique. . DR

Revue de presseAvec un budget dépassant les 800 millions d’euros, cette infrastructure s’annonce comme une avancée majeure, bien que son ambition technique soulève des défis géologiques et logistiques considérables. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Ahdath Al Maghribia.

Le 14/05/2026 à 18h38

Un projet ambitieux de liaison routière sous-marine entre le Portugal et le Maroc, doté d’un budget dépassant les 800 millions d’euros, vient d’être annoncé. Ce projet, encore en phase de planification, promet de révolutionner les échanges entre l’Europe et l’Afrique, tout en s’appuyant sur une infrastructure logistique intégrée et des normes environnementales strictes, indique le quotidien Al Ahdath Al Maghribia de ce vendredi 15 mai. Ce projet s’inscrit dans une vision stratégique visant à renforcer les liens entre les deux rives de l’Atlantique. Le tracé prévoit un tunnel sous-marin reliant le nord de Tanger, au Maroc, à la région de l’Algarve, au Portugal, en s’intégrant aux réseaux routiers existants des deux pays.

Sur le plan technique, le tunnel sera conçu comme une structure double, avec deux voies séparées pour chaque sens de circulation, ainsi qu’une voie d’accès dédiée aux situations d’urgence. Les systèmes de ventilation combineront des mécanismes de tirage longitudinal et des points de contrôle pressurisés, complétés par des abris et des équipements de sécurité de pointe. Les études en cours explorent également l’utilisation de sections préfabriquées immergées et de tunneliers adaptés aux conditions géologiques et pressions spécifiques des fonds marins. Le budget initial, qui dépasse les 800 millions d’euros, couvre les études préliminaires, les autorisations administratives, les infrastructures d’accès et la fabrication des composants principaux, explique Al Ahdath Al Maghribia.

Le coût total dépendra de facteurs tels que la géologie, les risques sismiques et le modèle de financement retenu. Le calendrier de réalisation s’articule en quatre phases distinctes: la première sera consacrée aux études environnementales, aux analyses géotechniques et à la conception initiale. La deuxième portera sur la construction des voies d’accès et des zones de rassemblement. La troisième étape concerne le percement du tunnel et les travaux sous-marins, tandis que la dernière phase sera dédiée à l’installation des systèmes, aux tests et à la mise en service. Au-delà de son impact sur les liaisons routières, ce projet est également perçu comme un levier pour dynamiser les chaînes d’approvisionnement entre l’Europe et l’Afrique. Il pourrait réduire significativement les temps de trajet et favoriser l’intégration des ports, des zones franches et des pôles industriels situés de part et d’autre du détroit de Gibraltar au sein d’un nouveau corridor commercial.

Cependant, la sensibilité environnementale de ce tracé, notamment en milieu marin, a conduit à la mise en place d’études d’impact détaillées. Ces dernières visent à évaluer et atténuer les effets potentiels sur la faune marine, les courants océaniques et les écosystèmes locaux. Sur le plan constructif, des systèmes de sécurité redondants, des capteurs, des chambres étanches et des protocoles d’évacuation avancés seront intégrés pour garantir la protection du tunnel. Pour assurer la pérennité du projet et la qualité de ses services, une tarification automatique des péages sera mise en place, couplée à une gestion intelligente du trafic et à une surveillance en temps réel. Les infrastructures seront également monitorées à l’aide de modèles numériques permettant d’anticiper les incidents, d’optimiser la maintenance et d’offrir une expérience de traversée fluide, sûre et stable.

Ce projet marocco-portugais se distingue d’un autre tunnel sous-marin en étude, celui envisagé entre l’Espagne et le Maroc, qui présenterait des défis techniques encore plus complexes. Ce dernier, d’une longueur totale d’environ 42 kilomètres –dont 28 sous le niveau de la mer–, devrait traverser le détroit de Gibraltar, une zone marquée par une profondeur importante et des conditions géologiques et maritimes exigeantes. Le tracé prévu relierait Punta Paloma en Espagne à Punta Malabata au Maroc, une zone moins profonde facilitant les travaux. L’infrastructure inclurait trois tunnels: deux pour le transport de passagers et de marchandises, et un troisième dédié aux services, à la maintenance et à la sécurité.

Par La Rédaction
Le 14/05/2026 à 18h38