Commandant de l’AFRICOM: «Le Maroc, un pilier de la sécurité en Afrique»

Lors d'une visite du général Dagvin Anderson, commandant du commandement des États-Unis pour l’Afrique (AFRICOM), au Maroc.

Lors d’une audition au Sénat américain, le général Dagvin Anderson, commandant de l’AFRICOM, a souligné l’importance cruciale de l’alliance entre le Maroc et les États-Unis, mettant en avant les exercices militaires conjoints, les défis sécuritaires du continent et la nécessité d’une coopération renforcée pour faire face aux menaces terroristes et aux influences extérieures. Le royaume, désormais considéré comme un pilier de la stabilité régionale, joue un rôle clé dans la lutte contre le terrorisme et la promotion de la sécurité en Afrique.

Le 15/05/2026 à 14h05

Le Maroc s’impose plus que jamais comme un partenaire central dans la stratégie africaine de Washington. Lors d’une audition au Sénat américain, le général Dagvin Anderson, commandant du Commandement américain pour l’Afrique (AFRICOM), a dressé un tableau élogieux de cette alliance, soulignant son rôle clé dans la sécurité du continent et la lutte contre le terrorisme.

«Le Maroc n’est pas seulement un partenaire: c’est un pilier». Ces mots du général Dagvin Anderson résument l’importance croissante que Washington accorde à Rabat. Dans une déclaration écrite soumise à la commission des forces armées du Sénat américain, il a salué «un partenaire clé qui accueille l’exercice African Lion depuis vingt et un ans et investit dans des centres d’excellence où il invite des partenaires africains à suivre des formations». Une reconnaissance qui s’inscrit dans la continuité de la décision historique de Donald Trump en 2020, lorsque les États-Unis ont officiellement reconnu la marocanité du Sahara, ouvrant la voie à une collaboration sans précédent entre les deux nations.

L’exercice African Lion, organisé chaque année au Maroc, constitue un pilier de cette coopération. Selon le général Anderson, ces manœuvres militaires multinationales servent de «plateforme tant pour renforcer les relations que pour stimuler l’innovation». Elles permettent aux États-Unis et à leurs alliés d’opérer sur des terrains stratégiques clés, tout en testant des capacités avancées dans des environnements favorables. «Ces exercices favorisent également l’autonomie opérationnelle de nos partenaires africains», a-t-il précisé, soulignant leur rôle dans la formation des forces locales.

Le commandant de l’AFRICOM a tenu à exprimer sa gratitude envers les alliés et partenaires, en particulier le Maroc, «qui ont su se mobiliser au moment où cela comptait le plus».

Afrique, «épicentre du terrorisme mondial»

Cette reconnaissance intervient alors que l’Afrique se trouve au carrefour du commerce et de la sécurité mondiaux. Le continent, qui occupe une position stratégique entre l’Atlantique et l’indo-Pacifique, est un fournisseur essentiel de minéraux cruciaux pour les systèmes de défense avancés. «L’Afrique abrite également douze des vingt économies à la croissance la plus rapide au monde», a rappelé le général Anderson.

Cependant, cette région dynamique fait face à des défis majeurs. D’ici 2050, l’Afrique représentera un tiers de la population mondiale en âge de travailler, mais elle abrite aujourd’hui «l’épicentre du terrorisme mondial». «Les dirigeants de l’État islamique sont africains. Le moteur économique d’Al-Qaïda se trouve en Afrique. Ces deux groupes partagent la volonté et l’intention de frapper notre patrie», a-t-il averti. Il a également pointé du doigt «le lien préoccupant entre Al-Qaïda, Al-Shabaab et les Houthis soutenus par l’Iran», soulignant l’augmentation de la connectivité entre ces groupes autrefois isolés.

Face à ces menaces, l’AFRICOM privilégie les partenariats avec des pays volontaires et compétents. Le général Anderson a insisté sur l’importance des «opérations dans l’environnement informationnel», essentielles pour contrer les manipulations extérieures et renforcer la résilience des partenaires africains. «En diffusant des informations véridiques et en donnant aux partenaires africains les moyens de défendre leurs intérêts nationaux, nous jetons les bases d’une stabilité à long terme sur l’ensemble du continent», a-t-il expliqué.

Pour l’AFRICOM, l’Afrique se trouve à un tournant où «le terrorisme, les influences néfastes et la concurrence économique exigent un engagement sans faille». Le commandement américain relève ces défis en combinant «des opérations militaires traditionnelles, l’innovation, l’économie de la défense et les opérations d’information», afin de protéger le territoire national, promouvoir les intérêts américains et répondre aux crises.

«Grâce à ces approches multidimensionnelles, nous amplifions notre impact et atteignons nos objectifs stratégiques», a conclu le général Dagvin Anderson, rappelant que la stabilité de l’Afrique est indissociable de celle du reste du monde.

Par La Rédaction
Le 15/05/2026 à 14h05