Grand Format Le360. Casablanca: bilan, retards et ambitions, Nabila Rmili s’explique

Nabila Rmili, maire de Casablanca.

Le 14/05/2026 à 19h01

VidéoInvitée de l’émission Grand Format Le360, la maire de Casablanca, Nabila Rmili, s’est prêtée à un exercice de transparence en répondant sans détour aux différentes questions liées à la gestion de la métropole. À un an de la fin de son mandat, elle a dressé un bilan d’étape du Plan d’action communal, mettant en avant les réalisations engagées tout en reconnaissant certaines insuffisances et certains retards.

Sans éluder les critiques, la maire a assumé les difficultés rencontrées dans plusieurs projets, tout en exprimant sa fierté quant aux avancées réalisées. Selon elle, ces chantiers structurants contribueront à transformer durablement le visage de Casablanca et le quotidien de ses habitants.

Parmi les projets phares, Nabila Rmili cite le Centre d’enfouissement et de valorisation (CEV), considéré comme un tournant majeur dans la gestion des déchets. D’un coût estimé à 11 milliards de dirhams, contre 2 milliards initialement prévus, ce projet est en phase finale d’attribution. «L’approbation du contrat est prévue lors de la session du mois de mai. Une fois signé, les travaux pourront démarrer rapidement», a-t-elle indiqué. L’entrée en service est prévue pour le 1er décembre 2026, avec une période de construction de trois ans. À terme, Casablanca passera d’un modèle d’enfouissement classique à une approche intégrée de valorisation des déchets.

Sur les 265 hectares destinés à ce projet, une vingtaine d’hectares sera consacrée à la relocalisation des ferrailleurs de Salmia. Avec l’appui du ministère de l’Industrie et de la région Casablanca-Settat, cette opération vise à structurer progressivement l’activité et à améliorer les conditions d’exercice des professionnels. Parallèlement, une réflexion est engagée pour développer une filière industrielle dédiée au recyclage des véhicules hors d’usage, encore peu structurée au niveau national.

Autre chantier d’envergure: la «ville alimentaire», destinée à regrouper les marchés de gros aujourd’hui dispersés dans la métropole. Un terrain de 309 hectares a été acquis à Oulad Hriz Sahel pour accueillir ce projet. La première phase, prévue à partir de 2026, s’étalera sur trois ans et concernera notamment le transfert des marchés de fruits, légumes et poisson actuellement situés à Sidi Othmane. Concernant les sites libérés, la maire évoque plusieurs pistes, dont l’extension de Casa Tech Valley, la création d’équipements culturels ou encore l’aménagement d’un pôle sportif incluant le stade Tessema.

S’agissant des stations de traitement des eaux usées (STEP), Rmili justifie les retards par un changement d’orientation stratégique. Initialement, cinq petites stations étaient prévues, mais il a finalement été jugé plus pertinent de concentrer les efforts sur deux grandes infrastructures. La station de Médiouna est déjà opérationnelle et contribue à l’arrosage de plusieurs axes et zones stratégiques. Une seconde station, à El Hank, devrait être mise en service prochainement.

Interrogée sur les critiques visant l’aménagement de la corniche d’Aïn Sebaâ, la maire explique que les contraintes foncières ont limité le projet. Contrairement à Aïn Diab, la zone est majoritairement constituée de propriétés privées, ce qui a restreint l’intervention au domaine maritime. Toutefois, elle annonce une avancée importante: l’adoption, ce mercredi 13 mai, d’un nouveau plan d’aménagement classant ces terrains comme non constructibles, ouvrant ainsi la voie à une extension future du projet.

Sur le volet de l’urbanisme, Nabila Rmili a fermement rejeté les accusations d’ingérence visant son entourage. Elle insiste sur la digitalisation complète des procédures via la plateforme «Rokhas», garantissant transparence et traçabilité. «Aucune intervention extérieure n’est possible en dehors du circuit réglementaire», affirme-t-elle, précisant que les décisions sont prises collégialement par une commission réunissant plusieurs institutions.

Concernant la démission de son vice-président chargé de l’urbanisme, Chafik Benkirane, la maire évoque une collaboration temporaire liée à des contraintes de santé. Elle assure désormais assumer pleinement cette responsabilité dans un cadre «clair, structuré et transparent».

La maire est également revenue sur les tensions apparues récemment au sein de la majorité communale, notamment entre le Parti de l’Istiqlal et le Parti authenticité et modernité autour de la gestion d’un équipement socioculturel. Elle relativise ces divergences, qu’elle considère comme normales dans le fonctionnement démocratique, tout en insistant sur la primauté de l’intérêt de la ville.

Enfin, interrogée sur la place du wali Mohamed Mhidia, parfois perçu comme plus visible que la présidente du conseil, Nabila Rmili évoque au contraire une «synergie exemplaire». Elle souligne la complémentarité entre les autorités locales et les élus, qui permet d’accélérer la réalisation des projets. «Les résultats visibles aujourd’hui sont le fruit de cette convergence des efforts», conclut-elle.

Par Wadie El Mouden, Khadija Sabbar, Khalil Essalak et Abderrahim Et-Tahiry
Le 14/05/2026 à 19h01