L’onde de choc se propage au sein de l’enseignement supérieur avec de nouveaux développements judiciaires à l’Université Hassan Ier de Settat. «La Brigade nationale de la police judiciaire de Casablanca a officiellement déféré devant le procureur du Roi près le tribunal de première instance de Settat le directeur du Centre des études doctorales de la faculté des sciences juridiques, économiques et sociales», indique le quotidien Assabah dans son édition du mardi 9 juin.
Ce haut responsable universitaire comparaît en état de liberté provisoire. Il n’est pas seul sur le banc des prévenus, puisque la justice a également cité à comparaître une déléguée judiciaire exerçant au tribunal de première instance de Berrechid, le président du conseil des étudiants de la même faculté, ainsi que deux autres étudiants soupçonnés d’être impliqués, à des degrés divers, dans ce réseau d’influence.
L’avancement du dossier fait suite à la clôture définitive des enquêtes préliminaires menées par les enquêteurs de la Brigade nationale, qui ont également finalisé des expertises techniques approfondies. Ces analyses scientifiques, portant notamment sur les supports de communication numériques et les relevés de notes, ont apporté des éléments matériels déterminants.
Face à ces constatations, le ministère public a entamé les auditions sur le fond, retenant des chefs d’inculpation particulièrement lourds tels que l’abus d’influence, la falsification de documents officiels, la manipulation délibérée de notes académiques et la discrimination systémique entre les usagers du service public. «Cette étape marque un tournant après qu’en avril dernier, le parquet général a exigé un retour de procédure afin d’approfondir les investigations et d’organiser des confrontations directes entre les mis en cause, une démarche indispensable pour décrypter la teneur et la chronologie des échanges suspects interceptés entre les différents protagonistes», souligne Assabah.
Le scandale a initialement éclaté à la suite d’une plainte détaillée adressée au parquet général, mettant directement en cause la gestion du directeur du centre doctoral, qui cumule cette fonction avec celle de coordinateur d’un master particulièrement convoité au sein de l’établissement. Les dénonciations pointent du doigt un stratagème bien rodé dans lequel le président du conseil des étudiants aurait agi comme un intermédiaire clé, monnayant ou facilitant l’accès aux diplômes supérieurs auprès du responsable universitaire.
Ces interventions de nature clientéliste visaient à garantir la réussite de candidats spécifiques lors du concours d’accès au master, au détriment du mérite. Selon les conclusions de l’enquête, ces arrangements de coulisses ont provoqué l’exclusion injustifiée de postulants légitimes et brillants, bafouant de manière flagrante les principes fondamentaux de neutralité, d’intégrité administrative et d’égalité des chances qui régissent le milieu académique.




