Grève des avocats: l’ABAM rejette toute tentative de récupération extérieure

Lors d'une manifestation des avocats devant le Parlement, le 29 juin 2026. (Y.Mannan/Le360)

L’Association des barreaux du Maroc (ABAM) réagit aux tentatives d’instrumentalisation de la mobilisation des avocats marocains autour du projet de loi relatif à la profession. Dans un communiqué publié ce dimanche 30 août, son président, le bâtonnier Houcine Ziani, affirme que le différend des avocats porte exclusivement sur des dispositions professionnelles et des choix gouvernementaux et législatifs, et met en garde contre toute lecture qui sortirait ce différend de son cadre pour l’associer à la monarchie ou aux constantes du Royaume.

Le 30/08/2026 à 17h12

Réuni à distance, le bureau de l’ABAM «condamne avec la plus grande fermeté» toute tentative extérieure de tirer profit d’un différend professionnel interne marocain pour porter atteinte au Royaume, à ses institutions, à ses symboles ou à ses constantes. L’Association rejette également «catégoriquement» toute implication du roi dans un conflit relatif à une loi professionnelle ou à des choix gouvernementaux et législatifs.

Pour l’ABAM, le roi Mohammed VI occupe une place qui le situe au-dessus de ces différends. L’institution monarchique est «un symbole de la nation», garante de son unité et de sa continuité, ainsi qu’un pilier de la sécurité, de la stabilité et de la souveraineté du Royaume.

L’Association insiste sur la nature strictement institutionnelle du désaccord. «Les gouvernements discutent de leurs politiques, les lois peuvent être révisées et amendées, et les choix publics sont soumis à la critique et à l’évaluation», souligne-t-elle, tout en précisant que «le roi, la patrie, l’intégrité territoriale et les constantes du Royaume» ne constituent pas et ne constitueront pas le terrain de ce débat.

L’ABAM estime ainsi que certaines lectures données aux positions des avocats ont dépassé la réalité et les limites de leur mouvement professionnel. Selon elle, ces interprétations ont sorti le débat de son contexte initial et fourni un angle d’exploitation à certains médias étrangers hostiles au Maroc.

«Il aurait fallu que le différend reste là où il est: un différend marocain autour d’une loi et de choix législatifs», affirme l’Association, qui appelle à préserver la fonction et le statut du roi de toute implication dans un dossier qui ne relève pas de ses prérogatives.

Dans son communiqué, l’ABAM tient également à rappeler l’ancrage national de la profession d’avocat. Elle affirme que la fidélité des avocats marocains à la monarchie ne relève pas d’une position circonstancielle dictée par le contexte actuel, mais d’une histoire qui remonte aux combats pour la libération et l’indépendance du pays.

L’Association rappelle également le rôle joué par les avocats dans la défense des causes nationales et de l’intégrité territoriale, ainsi que leur contribution à la construction des institutions de l’État et à la consolidation de l’État de droit depuis l’indépendance.

Elle cite, à ce titre, un message adressé par le défunt roi Hassan II au Congrès international des avocats organisé à Marrakech en 1994. Le souverain y avait qualifié le barreau marocain de «vieille école de l’éthique nationale», en référence à son rôle dans la libération du pays, la défense des causes nationales et la construction des institutions de l’État.

Pour l’ABAM, cette référence historique résume la place que la profession entend continuer à occuper dans les affaires nationales.

Le communiqué se veut également une mise au point à l’égard de toute tentative de récupération extérieure. L’Association affirme que les avocats marocains «n’ont jamais été, ne sont pas et ne seront jamais un outil entre les mains de toute partie visant le pays ou ses institutions».

Elle défend parallèlement le droit des avocats à contester les dispositions du projet de loi et à défendre l’indépendance et la dignité de leur profession.

«Nous sommes en désaccord sous le toit de la patrie, nous protestons au sein de l’État des institutions et nous tenons à notre droit légitime de défendre l’indépendance et la dignité de la profession», affirme l’ABAM.

Et de conclure: «Notre différend est marocain, et les institutions de notre pays en sont l’espace… La souveraineté du Royaume, ses constantes et ses symboles sont, eux, placés au-dessus de tout différend.»

Par La Rédaction
Le 30/08/2026 à 17h12