Un événement d’une gravité exceptionnelle a secoué la commune de Salé, où les autorités judiciaires ont ordonné l’incarcération d’un employé municipal à la prison de Tamesna. «Cette décision a été prise par le juge d’instruction près la Cour d’appel de Rabat, vendredi dernier dans la soirée, après que l’homme a été déféré devant le procureur général du Roi pour répondre d’accusations lourdes portant sur l’incendie volontaire et la destruction criminelle de biens publics», indique le quotidien Al Akhbar dans son édition du lundi 31 août.
Les détails de cette affaire remontent à la semaine passée, lorsqu’un fonctionnaire communal âgé de 57 ans s’est rendu sur son lieu de travail, au siège de l’annexe administrative de Laâyayda, à Salé. Sur place, l’individu a délibérément mis le feu à deux véhicules de fonction stationnés sur le parking de l’établissement administratif. L’intervention rapide des éléments de la Protection civile, arrivés sur les lieux pour circonscrire l’incendie et empêcher la propagation des flammes au bâtiment voisin, a permis d’éviter une catastrophe matérielle plus lourde.
En parallèle, une brigade de la police judiciaire relevant de la sûreté de Laâyayda s’est promptement déployée et a réussi à interpeller le suspect immédiatement après son passage à l’acte. Lors de la fouille d’usage effectuée au moment de son arrestation, les policiers ont saisi un briquet ainsi qu’une bouteille en plastique contenant encore les restes du produit inflammable ayant servi à provoquer le sinistre.
Des témoins et des résidents locaux ayant assisté à la scène rapportent à Al Akhbar que le fonctionnaire se trouvait dans un état d’agitation anormale pendant qu’il commettait son geste. Son comportement téméraire a d’ailleurs dissuadé plusieurs citoyens présents d’intervenir pour l’arrêter avant l’arrivée des forces de l’ordre, qui ont finalement pris le contrôle de la situation. À la suite de son interpellation, le suspect a été placé sous le régime de la garde à vue sur instruction du parquet général, afin de subir les premières interrogations d’usage. Vendredi matin, il a été présenté au procureur général du Roi à Rabat, qui a pris connaissance du procès-verbal de l’enquête préliminaire avant d’orienter l’affaire vers le juge d’instruction. Ce dernier, au vu de la gravité des charges, a ordonné son placement en détention provisoire dans l’attente d’investigations plus approfondies sur les motifs réels de cet acte délictueux.
Alors que l’enquête se poursuit pour élucider l’ensemble des circonstances et des mobiles de ce comportement vandale, la piste de la santé mentale du mis en cause est au cœur des conversations. Des proches et des habitants du quartier soutiennent que cet homme souffrirait de troubles psychiques chroniques et qu’il aurait effectué, à plusieurs reprises, des séjours et des consultations à l’hôpital des maladies mentales de Salé, ce qui expliquerait, selon eux, son comportement irrationnel.
Face à ces affirmations, le juge d’instruction n’exclut pas de convoquer les membres de la famille du prévenu pour recueillir leurs dépositions. L’autorité judiciaire devrait exiger la consultation d’un dossier médical officiel attestant d’un suivi ou d’un traitement psychiatrique régulier, afin de vérifier la véracité de cette thèse.




