Les avocats prolongent leur grève illimitée

Lahcen Ziani (g.), président de l’Association nationale des barreaux du Maroc (ABM) et le bâtonnier de Rabat, Aziz Rouibah, lors de la conférence de presse tenue après la réunion du bureau de l'ABM, à Rabat le 10 septembre 2026. (Y.Mannan/Le360)

Le 10/09/2026 à 18h57

VidéoL’Association nationale des barreaux du Maroc (ABM) a décidé, à l’unanimité, ce jeudi à Rabat, de prolonger la grève illimitée observée depuis quatre mois pour dénoncer la loi controversée relative à l’organisation de la profession d’avocat. L’Association a fixé au 20 septembre une nouvelle réunion de son bureau exécutif.

L’Association nationale des barreaux du Maroc (ABM) a décidé, à l’unanimité, ce jeudi à Rabat, de prolonger la grève illimitée observée depuis quatre mois pour dénoncer la loi controversée relative à l’organisation de la profession d’avocat.

L’Association a également fixé au 20 septembre une nouvelle réunion de son bureau exécutif afin d’évaluer la situation et de décider des prochaines étapes de son mouvement de protestation.

Cette décision a été prise au terme d’une réunion de son bureau, a déclaré Lahcen Ziani, président de l’ABM, lors d’une conférence de presse à laquelle ont notamment assisté les bâtonniers de Rabat, Aziz Rouibah, et de Casablanca, Mohammed Hissi.

Lahcen Ziani est revenu sur les causes de cette grève, qu’il lie aux atteintes portées, selon lui, à l’indépendance des avocats par le gouvernement actuel et, au premier chef, par le ministère de tutelle.

S’agissant des préjudices causés aux citoyens, notamment la paralysie des tribunaux et le maintien de plusieurs personnes en détention préventive en raison du report de leurs procès, le président de l’ABM en a imputé la responsabilité au gouvernement, qu’il accuse d’avoir usé de «la ruse pour valider son projet de loi».

«Nous faisons partie des citoyens et ceux-ci doivent comprendre que c’est le gouvernement qui est à l’origine de la crise», a déclaré, pour sa part, le bâtonnier Aziz Rouibah.

Ce dernier a réaffirmé la position de l’ABM concernant son attachement aux fondements de la nation. «Les trois piliers de la nation, Dieu, la Patrie et le Roi, sont une ligne rouge à ne pas dépasser», a insisté l’Association, en faisant référence à «des parties étrangères qui veulent exploiter notre crise à des fins inavouées».

«Le différend oppose le gouvernement et les avocats», a déclaré le président de l’ABM, avant d’exprimer son pessimisme quant à la possibilité de trouver une issue à cette crise avec le gouvernement sortant.

«Nous espérons parvenir à une solution avec le futur gouvernement issu des élections du 23 septembre prochain», a souligné le président de l’Association, qui regroupe les 17 barreaux du Maroc.

Réagissant à l’attitude de certains avocats de Casablanca qui ont interrompu la grève et repris le travail cette semaine dans les tribunaux, l’ABM a écarté l’idée d’une désunion ou d’une division au sein de la profession.

«Il s’agit de cas d’individus isolés», a répondu le président de l’Association, tout en reconnaissant que la prolongation de la grève a eu un impact «moralement et matériellement» sur ses membres, qui affirment se battre pour «la dignité du métier».

En prolongeant leur grève illimitée, les avocats maintiennent le bras de fer avec le gouvernement autour de la loi sur l’organisation de leur profession. Mais cette nouvelle étape prolonge aussi la paralysie des tribunaux et la souffrance des justiciables, que l’ABM appelle désormais à comprendre les raisons d’un mouvement dont l’issue semble renvoyée au prochain gouvernement.

Par Mohamed Chakir Alaoui et Yassine Mannan
Le 10/09/2026 à 18h57