Transition énergétique: l’African Transition Acceleration Fund déploie ses premiers financements

Transition énergétique, un défi pour l'humanité. (Photo d'illustration)

Revue de presseUn nouveau levier financier s’apprête à soutenir la transition énergétique au Maroc et dans une douzaine de pays africains. Porté par le fonds panafricain ATAF et soutenu par des investisseurs internationaux de premier plan, ce mécanisme novateur vise à injecter des capitaux dès les premières phases de développement des projets pour combler le déficit chronique d’infrastructures propres sur le continent. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien L’Economiste.

Le 10/09/2026 à 19h26

Le paysage de la transition énergétique au Maroc et à l’échelle du continent s’apprête à franchir une étape décisive avec l’activation prochaine d’un nouveau mécanisme de financement d’envergure. L’African Transition Acceleration Fund, plus connu sous l’acronyme ATAF, s’impose comme un acteur clé de cette dynamique. Ce fonds panafricain de capital-investissement, placé sous la gestion d’African Infrastructure Investment Managers, a franchi un cap stratégique en mars dernier en bouclant une première levée de fonds de 200 millions de dollars.

Cette assise financière initiale a été rendue possible grâce à la mobilisation de capitaux apportés par des partenaires institutionnels de premier plan, à savoir Allied Climate Partners, FSD Africa Investments, la Société financière internationale et Proparco. «L’ambition affichée est de canaliser des ressources substantielles vers le développement d’infrastructures énergétiques durables, contribuant ainsi à combler le retard persistant du continent dans ce domaine», indique le quotidien L’Economiste dans son édition du vendredi 11 septembre.

Cette initiative intervient dans un contexte marqué par un déficit structurel de financement des infrastructures en Afrique, évalué à près de 100 milliards de dollars chaque année. Un tel décalage apparaît d’autant plus frappant que le marché des technologies propres connaît une expansion fulgurante. Évalué à 25 milliards de dollars en 2024, il présente un potentiel de croissance qui pourrait le porter à 200 milliards de dollars d’ici la fin de la décennie.

En dépit de ces perspectives prometteuses, de nombreux projets d’envergure peinent à franchir le cap des premières phases de conception. Les freins demeurent nombreux, qu’il s’agisse de cadres réglementaires parfois dissuasifs, de risques de développement jugés élevés, de capacités institutionnelles perfectibles ou de difficultés réelles à concevoir des dossiers bancables.

Face à ces obstacles, l’accès au capital en phase amont reste une gageure, alors même qu’il s’agit du moment charnière où se dessine la viabilité future d’une infrastructure. Actuellement, le capital privé ne représente qu’environ quatorze pour cent des flux consacrés au climat sur le continent.

C’est précisément pour remédier à cette carence que l’ATAF innove en se positionnant en amont du cycle de développement, là où les besoins se font le plus cruellement sentir. «Pour son entrée en action, le fonds cible treize pays prioritaires, parmi lesquels figure le Maroc, aux côtés du Botswana, de la Côte d’Ivoire, de l’Égypte, du Ghana, du Kenya, de la Namibie, du Nigeria, du Sénégal, de l’Afrique du Sud, de la Tanzanie, de l’Ouganda et de la Zambie», souligne L’Economiste.

Dans ces marchés à fort potentiel, l’intervention se concrétisera par des prises de participation en fonds propres ou quasi-fonds propres dans près de quatorze entreprises ou plateformes spécialisées, avec des tickets d’investissement unitaires oscillant entre 10 et 30 millions de dollars. Déployée sur une période de dix ans, cette stratégie vise à alimenter un vivier de projets solides et à accélérer l’essor de solutions concrètes articulées autour de trois axes prioritaires: l’électricité propre, les molécules décarbonées et le transport durable.

Par La Rédaction
Le 10/09/2026 à 19h26