Nareva, dirigée par Aymane Taud, oriente sa stratégie de développement autour du concept de «souveraineté énergétique». L’entreprise marocaine a structuré cette feuille de route à travers un accord de partenariat conclu en mai 2025 avec Taqa Morocco. Ce plan prévoit une enveloppe d’investissement globale de 130 milliards de dirhams (environ 12 milliards d’euros) à l’horizon 2030, relaie le magazine Jeune Afrique dans un focus dédié.
Selon les deux opérateurs, ce programme vise à accroître les capacités de production d’eau dessalée pour la souveraineté hydrique, à renforcer la résilience du réseau national de transport d’électricité, à développer des capacités électriques alimentées au gaz naturel et à optimiser l’intégration des énergies renouvelables.
Ce partenariat, auquel participe le Fonds Mohammed VI pour l’investissement (FM6I), se concrétise par la prise de contrôle de l’entreprise Énergie électrique de Tahaddart (EET). Cette entité, qui exploite la centrale à gaz de Tahaddart (400 mégawatts), était jusqu’à présent détenue par l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (48%), l’espagnol Endesa Generación (32%) et Siemens Project Ventures. Sa gestion bascule désormais sous le contrôle de la coentreprise Nareva-Taqa Morocco, détaille Jeune Afrique.
L’opération a récemment obtenu l’aval du Conseil de la concurrence. En parallèle, les deux partenaires ont créé la société commune «Tahaddart 2 & 3» afin de réaliser l’extension de la centrale actuelle. Ce projet d’une capacité prévisionnelle de 1 000 à 1 400 mégawatts s’intègre dans un programme de développement de nouvelles capacités de production flexibles et bas carbone fonctionnant au gaz naturel.
Ce positionnement dans le gaz marque une évolution pour Nareva, dont l’activité principale reposait jusqu’ici sur l’éolien. Les analystes du secteur soulignent qu’un mix énergétique exclusivement renouvelable reste complexe à stabiliser et que le développement industriel du pays requiert l’apport transitoire du charbon et du gaz. Nareva dispose déjà d’une expérience dans le thermique rigide en tant qu’actionnaire majoritaire de Safi Energy Company (Safiec), aux côtés de Mitsui et Engie, pour l’exploitation de la centrale de Safi (1 386 mégawatts). Malgré cette ouverture vers le gaz, le groupe, qui totalise près de 2 000 mégawatts de capacité éolienne, maintient ses engagements dans le secteur vert.
Nareva a notamment remporté, en groupement avec le saoudien Acwa Power, l’appel d’offres pour le mégaprojet solaire Noor Midelt 2 et 3, lit-on dans Jeune Afrique. La feuille de route intègre le segment du transport d’électricité avec le projet de construction d’une ligne à haute tension de 3 gigawatts reliant le sud et le centre du Maroc, parallèlement à des investissements programmés dans le dessalement d’eau de mer pour répondre au stress hydrique national.




