Pêche maritime: le Maroc modernise la commercialisation du poisson avec un réseau de 76 marchés et plus de 1,7 milliard de dirhams investis

Zakia Driouich, secrétaire d’État chargée de la Pêche maritime.

Lors de la séance des questions orales tenue ce lundi à la Chambre des représentants, la secrétaire d’État chargée de la Pêche maritime, Zakia Driouich, a détaillé l’état d’avancement du programme de modernisation de la commercialisation du poisson au Maroc. Inscrite dans la feuille de route 2025-2027, cette réforme vise à améliorer la gouvernance et l’organisation du secteur halieutique.

Le 15/06/2026 à 19h58

La modernisation des circuits de commercialisation des produits de la mer constitue l’un des principaux chantiers engagés par le département de la Pêche maritime dans le cadre de sa feuille de route 2025-2027. Répondant, ce lundi, aux questions orales à la Chambre des représentants, la secrétaire d’État chargée de la Pêche maritime, Zakia Driouich, a affirmé que cette stratégie vise à «renforcer la gouvernance des circuits de commercialisation et à moderniser les infrastructures du secteur».

Dans ce cadre, les débats parlementaires ont mis en lumière des interrogations sur les dysfonctionnements persistants du secteur, notamment le rôle des intermédiaires et leur impact sur la formation des prix. En réponse, la responsable gouvernementale a défendu les efforts engagés par l’exécutif pour restructurer la filière et améliorer son organisation, estimant que les réformes en cours visent précisément à corriger ces déséquilibres et à renforcer la transparence des transactions.

Pour concrétiser cette ambition, le Maroc a considérablement renforcé son réseau d’infrastructures dédiées à la vente des produits halieutiques. «Le Royaume dispose aujourd’hui d’un réseau développé de 76 marchés de première vente du poisson», a indiqué la responsable gouvernementale. Parmi ces infrastructures figurent notamment 15 marchés de nouvelle génération, réalisés grâce à un investissement de 635 millions de dirhams.

Au-delà des ports, cette dynamique de modernisation concerne également les villages de pêcheurs et les points de débarquement aménagés. Selon Zakia Driouich, le réseau national comprend également «45 marchés couvrant les villages de pêcheurs et les points de débarquement aménagés», ainsi que «10 marchés de gros dédiés à la deuxième vente hors des ports», ayant mobilisé un investissement global de 655 millions de dirhams.

L’objectif est de mieux structurer la commercialisation des produits de la mer tout au long de la chaîne de distribution, tout en garantissant davantage de transparence dans les transactions et de meilleures conditions de conservation des produits.

Cette dynamique devrait se poursuivre dans les prochaines années. La secrétaire d’État a en effet annoncé la réalisation de deux nouveaux marchés à Nador et à Fès, pour un investissement total avoisinant 95 millions de dirhams. Elle a également fait savoir que huit marchés de proximité modernes destinés à la vente au détail seront créés à l’horizon 2027 afin de rapprocher davantage les produits halieutiques des consommateurs.

La modernisation engagée passe également par la digitalisation des opérations. Dans ce sens, Zakia Driouich a révélé qu’«une plateforme numérique de suivi des opérations de vente du poisson dans les marchés a été développée», soulignant l’importance de cet outil pour renforcer la traçabilité et améliorer le contrôle des flux commerciaux.

Parallèlement, le département a investi dans de nouveaux équipements destinés à assurer un meilleur suivi des captures débarquées. «Vingt-quatre mécanismes innovants de pesée des quantités débarquées, reposant sur un système électronique avancé, ont été mis en place», a précisé la responsable gouvernementale, ajoutant que cet investissement de 45 millions de dirhams vise à améliorer le contrôle et la traçabilité des produits halieutiques.

L’amélioration des conditions de conservation figure également parmi les priorités du secteur. Dans ce cadre, le ministère a poursuivi la généralisation des caisses normalisées et le renforcement des capacités de production de glace, pour un investissement global de 365 millions de dirhams. «Sur ce montant, 234 millions de dirhams ont été consacrés à l’approvisionnement du marché national en six millions de caisses standardisées destinées à remplacer les caisses en bois», a détaillé Zakia Driouich.

La pêche artisanale bénéficie elle aussi de cette dynamique de mise à niveau. La secrétaire d’État a indiqué que les embarcations de pêche artisanale ont été équipées de caisses isothermes pour un coût de 93 millions de dirhams, une mesure destinée à préserver la qualité et la fraîcheur des captures dès leur débarquement. En parallèle, les autorités poursuivent le développement du réseau d’unités de production de glace en partenariat avec le secteur privé, afin de consolider davantage la chaîne de conservation des produits halieutiques.

Dans sa réponse aux députés, la secrétaire d’État a également reconnu la persistance de certaines tensions liées à l’organisation des circuits de commercialisation, tout en réaffirmant que les réformes engagées visent à améliorer l’efficacité du marché, à limiter les déséquilibres et à renforcer l’accès équitable aux produits halieutiques pour l’ensemble des citoyens.

Par Najwa Targhi
Le 15/06/2026 à 19h58