Plusieurs députés de la majorité et de l’opposition ont dénoncé, ce lundi devant la Chambre des représentants, la hausse des prix du poisson, notamment de la sardine, sur les marchés nationaux.
Devant la secrétaire d’État chargée de la Pêche maritime, Zakia Driouich, les élus de la nation ont jugé inacceptable cette flambée des prix dans un pays doté d’un littoral long de 3.000 kilomètres. Lors de la séance des questions orales, ils ont estimé que la stratégie Halieutis n’a pas encore résolu les problèmes structurels du secteur.
Peu convaincante aux yeux de plusieurs parlementaires, la secrétaire d’État a répondu que les prix du poisson obéissent «à l’offre et à la demande». Elle a ajouté que les prix du poisson ont été dernièrement libéralisés au Maroc, ce qui justifie, selon elle, cette hausse constatée sur les marchés.
Lancée en 2009, la stratégie Halieutis constitue pourtant le cadre de référence pour le développement du secteur de la pêche et de l’aquaculture au Maroc. Plusieurs députés ont ainsi regretté que cette stratégie n’ait pas permis de mieux maîtriser les circuits de distribution, ni de garantir des prix accessibles aux consommateurs.
Zakia Driouich s’est également contentée de rappeler que l’opération de vente du poisson congelé, qui a inclus pour la première fois la sardine durant le mois de Ramadan, a été un «franc succès». Face à des députés incrédules, elle a ajouté qu’un appel à manifestation d’intérêt a été lancé par son département afin d’élargir cette opération de congélation à d’autres espèces de poisson.
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Un autre député a contesté la qualité du poisson congelé proposé sur les marchés et mis en garde contre la vente de ce produit au marché noir.
La critique n’a pas épargné la secrétaire d’État lorsqu’une autre question a été posée sur les difficultés de distribution et de commercialisation rencontrées par certains grossistes de poisson dans les halles. En réponse, Zakia Driouich a mis en cause certains grossistes qui ne règlent pas à l’Office national des pêches les marchandises acquises.
«Nous avons mis en place une nouvelle opération d’achat de poisson en gros qui impose aux commerçants soit de délivrer des cautions bancaires, soit de donner des chèques certifiés, soit d’effectuer des virements pour assurer les recettes financières», a-t-elle déclaré, précisant que ces recettes servent au bon fonctionnement du secteur.
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Le développement de la pêche maritime, a-t-elle poursuivi, s’inscrit dans le cadre de la Feuille de route 2025-2027. Le secteur emploie au Maroc 35.000 personnes et génère des exportations de poisson de plusieurs milliards de dirhams. Il a récemment bénéficié d’un milliard de dirhams d’investissement, a conclu la secrétaire d’État.
Entre hausse des prix, difficultés de distribution, contestation de la qualité du poisson congelé et critiques sur l’efficacité de la stratégie Halieutis, le débat parlementaire a mis en lumière les tensions qui traversent le secteur de la pêche. Dans un pays bordé par deux façades maritimes, la question reste entière: comment faire en sorte que le poisson demeure accessible aux consommateurs marocains?




