Le régime algérien menaçait de rompre les relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis sans jamais fournir de raison convaincante à cette rupture.
À la virulence des attaques lancées depuis Alger, qu’elles émanent du discours officiel ou de campagnes médiatiques, les autorités émiriennes ont systématiquement opposé calme, modération et retenue. Souvent, elles ont choisi de les ignorer superbement, laissant leurs auteurs boxer seuls contre des moulins à vent et susciter incompréhension, pitié et ridicule.
Cette retenue émirienne s’est notamment traduite par l’absence de toute riposte médiatique. Les autorités d’Abou Dhabi n’ont jamais donné à leurs nombreux médias la consigne d’attaquer le régime algérien. Cet arsenal médiatique n’a ainsi jamais répondu aux campagnes de haine et de dénigrement lancées depuis Alger et publiquement assumées par le régime.
Mais si le bras de fer médiatique et politique n’a pas encore eu lieu, en raison de la diplomatie consciencieuse et responsable des Émirats arabes unis, la comparaison entre les deux pays, voire entre les deux chefs d’État, fait le bonheur des réseaux sociaux. Entre Tebboune et Mohammed ben Zayed, dit MBZ, la comparaison s’impose.
Les deux hommes sont à la tête de pays aux grandes richesses énergétiques. Tandis que Tebboune mène le sien à la faillite, au point que la population algérienne manque de l’essentiel et que le rêve obsessionnel de sa jeunesse est de traverser la Méditerranée pour atteindre la rive européenne, MBZ a fait des Émirats arabes unis une puissance économique et politique incontournable dans la région et garanti à ses citoyens un niveau de confort et de vie enviable.
Tandis que Tebboune est perçu par la communauté internationale comme un paria, à la tête d’un État producteur de tensions et de ruptures, MBZ est reçu aux quatre coins de la planète, de Moscou à Washington, de Berlin à Paris, de Rabat au Caire, sur un tapis rouge, en reconnaissance de la qualité de sa vision politique et économique, de son investissement dans la paix et la prospérité. Il suffit de rappeler, à titre d’exemple récent, le rôle joué par les Émirats dans la guerre entre la Russie et l’Ukraine, en abritant à la fois des pourparlers de paix et des négociations pour la libération d’otages russes et ukrainiens.
«L’un, Tebboune, incarne les pulsions maléfiques et destructrices de tout ce qu’il trouve; l’autre, MBZ, personnifie une philanthropie à toute épreuve, érigée en mode de gouvernance.»
— Mustapha Tossa
Les perceptions et les politiques des deux hommes sont totalement à l’opposé. Tandis que Tebboune est verrouillé dans la confrontation et l’agressivité avec son environnement méditerranéen, maghrébin et africain, MBZ se distingue, lui, par un volontarisme constructif et investit dans de nombreuses régions du monde avec l’objectif d’aider à la prospérité économique de leurs populations. L’un, Tebboune, incarne les pulsions maléfiques et destructrices de tout ce qu’il trouve; l’autre, MBZ, personnifie une philanthropie à toute épreuve, érigée en mode de gouvernance.
Contrairement à la propagande algérienne, Alger n’a pas rompu ses relations avec les Émirats arabes unis sous prétexte qu’Abou Dhabi serait en train de soutenir le mouvement séparatiste kabyle (MAK) ou de gêner l’activisme sécuritaire algérien dans la région du Sahel. Le régime algérien a pris cette décision pour se venger des Émirats arabes unis en raison de leurs relations stratégiques avec le Maroc. Les Émirats arabes unis ont été parmi les premiers pays arabes à soutenir la souveraineté du Maroc sur ses provinces sahariennes et comptent parmi les grands amis et alliés stratégiques et économiques du Royaume, investissant dans les grands projets économiques qui restructurent la région.
Cette hostilité chronique algérienne à l’égard des autorités émiriennes s’inscrit dans la stratégie du régime algérien consistant à se trouver des ennemis extérieurs vers lesquels détourner les frustrations des Algériens et à dissimuler la somme des échecs de leurs gouvernants.
La réaction des Émirats arabes unis a été empreinte d’une grande maîtrise et d’une modération à toute épreuve, avec l’idée de ne pas tomber dans le piège des provocations d’un régime aux abois qui cherche la crise et la tension uniquement pour détourner l’attention des Algériens. Pour la diplomatie émirienne, il ne faut jamais insulter l’avenir et il convient de tenter, par tous les moyens, de conserver de bonnes relations de fraternité avec la population algérienne.
Dans ce nouveau bras de fer diplomatique imposé par Tebboune, MBZ va sûrement sortir gagnant, car le régime algérien est isolé dans sa détestation des Émirats arabes unis. Aucun pays arabe, européen ou autre ne pourra manifester la moindre compréhension à l’égard d’une attitude de rupture basée uniquement sur l’obsession de se créer un ennemi extérieur. Bien au contraire, comme cela a déjà été le cas avec d’autres pays tels que le Maroc, l’Espagne, la France ou les pays du Sahel, Tebboune finira par subir l’effet boomerang d’une réaction irrationnelle, en essuyer toutes les pertes et payer toutes les factures de sa politique et de sa déshérence.




