Les services du ministère de l’Intérieur, chargés des préparatifs anticipés pour les élections de 2026, font face à un défi croissant dans certaines provinces et préfectures en raison des manœuvres des «intermédiaires administratifs». «Ces derniers s’activent de manière constante pour modifier leurs positions, faire valider et retirer leurs candidatures, et actualiser leurs rapports à l’approche des échéances électorales et avec l’intensification de la ferveur des campagnes politiques qui sont entrées ce lundi, en leur cinquième jour, dans une phase cruciale», indique le quotidien Assabah dans son édition du 14 septembre.
Selon des sources partisanes, le système d’information relatif aux élections et à l’évolution des campagnes de terrain se heurte à un nouveau défi en raison de l’élargissement de la zone d’intervention de ce que l’on appelle les «khartata». Il s’agit d’intermédiaires électoraux, de marchands de voix, de transfuges d’alliances partisanes et de blocs mobiles qui orientent leurs actions en fonction d’intérêts personnels et de promesses financières, totalement détachés de toute loyauté politique ou de programme partisan.
Dès les premiers jours de la campagne électorale, des manifestations de cette tendance sont apparues au grand jour, certains individus apparaissant à visage découvert devant les caméras des journalistes tout en modifiant leurs vestes, casquettes, prospectus et slogans au cours d’une seule et même journée, participant à l’ensemble des cortèges et des marches des partisans des candidats.
Les mêmes sources ont indiqué que ces mouvements, s’apparentant à des actions de lobbying menées par des “groupes de choc” dont le nombre a augmenté par rapport aux élections de 2021, ont profondément bousculé les estimations de la carte électorale dans certaines circonscriptions, en particulier dans les quartiers périphériques et les banlieues populaires où les partisans des candidats se livrent une concurrence acharnée de dernière minute. «Ces intermédiaires mobilisent des dizaines, voire des centaines de voix loyales pour négocier à la dernière minute avec le mandataire d’une liste électorale, tout en vérifiant si ces personnes sont toujours actives au sein du parti ou si elles ont basculé vers d’autres horizons», écrit Assabah.
Ce basculement soudain perturbe les calculs logistiques des départements de l’Intérieur, qui ne se limitent plus aux services des affaires intérieures habituels, mais entraîne une augmentation du niveau de tension et de confrontation sur le terrain. Face à cette situation, des mesures strictes ont été prises pour resserrer le contrôle sécuritaire, identifier les foyers de tension potentiels, suivre les flux financiers suspects utilisés pour capter les votes des électeurs en dehors du cadre légal.
Parallèlement à ces contraintes administratives, les services centraux et territoriaux du ministère de l’Intérieur ont activé des mécanismes de surveillance numérique pour traquer les groupes fermés sur les applications de messagerie instantanée telles que WhatsApp, qui sont devenues la plateforme de prédilection de ces intermédiaires pour orienter leurs blocs électoraux et conclure des accords de ralliement en masse.
Ces développements démontrent que la gestion du processus électoral ne se résume plus au contrôle des péripéties de la campagne et du jour du scrutin, mais que le ministère de l’Intérieur a étendu sa vigilance technologique et sa présence sur le terrain afin de démanteler continuellement les réseaux de courtage et d’intermédiation qui sapent l’intégrité et la régularité des scrutins face aux surprises de dernière minute orchestrées par les «khartata».




