Législatives: l’Istiqlal veut profiter des divisions du PAM et du RNI pour créer la surprise

Nizar Baraka, secrétaire général du parti de l’Istiqlal.. DR

Revue de presseAlors que l’arène politique retient son souffle à l’approche des élections législatives, le duel annoncé entre le PAM et le RNI accapare tous les projecteurs. Pourtant, derrière ce face-à-face spectaculaire, une lecture plus affûtée des dynamiques en présence laisse entrevoir un scénario inattendu: celui d’un Istiqlal silencieux, mais résolument en embuscade, prêt à capitaliser sur l’épuisement des deux géants pour surgir en tête le 23 septembre. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Assabah.

Le 08/09/2026 à 19h30

Sur la scène politique, tous les regards convergent désormais vers l’échéance des élections législatives, dont les prémices s’apparentent déjà à un mercato effréné et à une compétition d’une rare intensité. En apparence, le choc des titans qui oppose le PAM au RNI captive l’attention des observateurs, tant il incarne une bipolarisation aussi spectaculaire qu’incertaine. «Pourtant, cette rivalité frontale, loin de sceller le sort du scrutin, pourrait involontairement dessiner une voie royale pour le Parti de l’Istiqlal, lequel se tiendrait prêt à déjouer tous les pronostics par une irruption décisive dans l’entre-deux», rapporte Assabah de ce mercredi 9 septembre.

Depuis quelques semaines, en effet, plusieurs lectures politiques, nourries par des analyses géopolitiques, esquissent un scénario audacieux : brouiller les cartes traditionnelles et déstabiliser les calculs établis des grands concurrents. Dans cette optique, l’Istiqlal serait bien placé pour tirer parti de l’épuisement mutuel de ses deux adversaires historiques, transformant leur affrontement en une opportunité stratégique de s’adjuger la première place lors du scrutin du 23 septembre.

Ces hypothèses s’appuient sur des données régionales et internationales en perpétuelle mutation, parmi lesquelles figure en bonne place la montée en puissance des droites radicales en Europe, et singulièrement en Espagne. Ce phénomène, loin d’être anodin, ravive avec acuité les tensions autour du statut des présides occupés de Sebta et Melilla, ranimant des controverses diplomatiques qui exigent, pour le Maroc, une voix ferme mais mesurée.

C’est en ce sens que l’Istiqlal, fort de son ancrage historique et de sa mémoire nationale, pourrait incarner, dans ce contexte troublé, une force d’apaisement et d’équilibre. Sa capacité à aborder les dossiers sensibles avec une sagesse institutionnelle lui conférerait une légitimité renforcée pour jouer les médiateurs, voire les gestionnaires éclairés d’une phase post-électorale délicate.

Certes, des doutes subsistent quant à l’aptitude de certains de ses candidats à remporter des sièges dans des circonscriptions stratégiques. Mais, comme dans toute compétition sportive, analogie souvent évoquée en politique, les urnes réservent leur lot de retournements et de surprises de dernière heure. L’Istiqlal, sous la houlette sobre et résolue de son secrétaire général Nizar Baraka, affiche une constance qui tranche avec l’agitation ambiante. Dans ses dernières déclarations, il souligne l’urgence d’un gouvernement marqué par une forte autonomie décisionnelle.

«Cette orientation stratégique est d’autant plus crédible que le parti peut s’appuyer sur une implantation solide et pérenne dans les provinces du sud du Royaume, conjuguée à une politique de cooptation d’élites académiques et de compétences avérées», écrit Assabah. Ses listes électorales, où foisonnent professeurs d’université et femmes hautement qualifiées, lui confèrent un capital qualitatif rare, propice à une opérationnalité immédiate dans l’après-scrutin. Qu’il s’agisse de prendre la tête du prochain gouvernement ou d’occuper des portefeuilles ministériels stratégiques, l’Istiqlal se pose ainsi en alternative crédible, alliant mémoire nationale, modernité des équipes et vision géopolitique.

Par Hassan Benadad
Le 08/09/2026 à 19h30