Législatives: la crédibilité des partis à l’épreuve des promesses électorales

Nabil Benabdellah, secrétaire général du PPS, en campagne électorale.

Revue de presseLa compétition entre les formations politiques prend l’allure d’une une course dont les promesses financières atteignent des montants vertigineux. À la veille du scrutin, les promesses de revalorisations salariales, d’aides directes et d’exonérations fiscales se multiplient parmi les candidats, à coups d’annonces chiffrées, dans le but de gagner leur électorat, tout en entretenant le flou sur les moyens de financement de ces ambitieux engagements. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Ahdath Al Maghribia.

Le 07/09/2026 à 18h49

Les formations politiques rivalisent en ce moment dans leurs effets d’annonces de mirobolantes promesses financières, afin de gagner des électeurs souvent désorientés devant la similitude des promesses qui leurs sont faites. Les programmes présentés par les candidats dégoulinent d’engagements sociaux et économiques tous plus alléchants les uns que les autres, évalués à coups de milliards de dirhams.

Revalorisation du salaire minimum, hausse des aides sociales directes, soutien aux chômeurs et aux jeunes, baisse des prix des denrées de première nécessité et des médicaments, amélioration des pensions de retraite, allègement de l’impôt sur le revenu ou encore gratuité des factures d’électricité… Les propositions sont ambitieuses, bien que la question du financement de ces décisions et de leur soutenabilité budgétaire reste floue, indique Al Ahdath Al Maghribia de ce mardi 8 septembre.

Au cœur de cette compétition, le Parti Authenticité et Modernité (PAM) met l’amélioration du pouvoir d’achat au sommet de ses priorités, en promettant de mobiliser une budget global de 150 milliards de dirhams. Son programme prévoit de baisser le prix des produits de première nécessité, d’augmenter les montants de l’aide sociale directe, pour atteindre un plafond de 1.000 dirhams, et de revoir périodiquement le prix des médicaments.

Parallèlement, une vive controverse politique a éclaté autour de l’augmentation du salaire minimum à 5.000 dirhams, écrit Al Ahdath Al Maghribia. Cette mesure, portée par le Rassemblement National des Indépendants (RNI), a été remise au premier plan par Fouzi Lekjaa, membre du bureau politique du parti, à quelques jours du scrutin. Une sortie médiatique que ses concurrents ont jugée «calculée», en y voyant «l’instrumentalisation d’une promesse gouvernementale à des fins électorales». D’autres candidats du RNI défendent quant à eux une revalorisation progressive des salaires et des retraites comme un engagement réaliste visant à soutenir la classe moyenne, tout en proposant des exonérations fiscales pouvant atteindre 5.000 dirhams par an pour les familles. Le parti entend également accompagner la transition énergétique des ménages en leur permettant de produire leur propre électricité solaire.

D’autres formations politiques déclinent aussi leurs mesures phares au cours de cette campagne électorale. Le Parti de l’Istiqlal (PI) mise ainsi sur un soutien envers les jeunes et les familles, proposant une «prime au mariage» pouvant atteindre 5.000 dirhams ainsi qu’une allocation mensuelle de 1.000 dirhams pour les diplômés à la recherche d’un emploi. L’Union Socialiste des Forces Populaires (USFP) formule des engagements ciblés sur le secteur social, incluant une réduction de 20% des dépenses ayant trait à la santé et à l’éducation, une hausse de 20% du salaire moyen et une révision régulière des revenus, dans ce contexte inflationniste.

Le Parti du Progrès et du Socialisme (PPS) ambitionne quant à lui de mobiliser de s financements additionnels à hauteur de 575 milliards de dirhams, pour «conduire de profondes réformes économiques», promettant la création d’un million d’«opportunités d’emplois» et la revalorisation de «différentes allocations familiales». Enfin, le Parti de la Justice et du Développement (PJD), bien qu’ayant débuté il y a bien longtemps ses préparatifs pour ce scrutin, et la sélection de ses candidats, maintient l’électorat en haleine en n’ayant toujours pas dévoilé l’intégralité de son programme final, ce qui laisse dans l’attente de ses arbitrages économiques.

Par La Rédaction
Le 07/09/2026 à 18h49