Dans un meeting tenu samedi dernier à Dakhla, Fouzi Lekjaa, figure influente du bureau politique du PAM, a vivement plaidé pour une augmentation urgente du salaire minimum à 5.000 dirhams, estimant qu’il serait inacceptable de subordonner cette mesure aux résultats des prochaines élections législatives. Ce faisant, il a transformé ce qui n’était encore qu’une promesse de campagne en un nouvel axe de différenciation politique, ravivant la concurrence entre les formations en lice.
Lekjaa a affirmé que son parti soutenait fermement cette hausse et s’est dit prêt à la défendre activement lors du prochain conseil des ministres, prévu jeudi prochain. Il a inscrit cette revendication dans une vision plus large visant à réorganiser les priorités gouvernementales et à rénover en profondeur la méthode de gestion de plusieurs dossiers sensibles, relaie Al Ahdath Al Maghribia de ce lundi 7 septembre. De son avis, une concentration sans précédent sur les préoccupations quotidiennes des citoyens est nécessaire –pouvoir d’achat, accès à l’emploi et amélioration des conditions de vie– qui doivent désormais être prioritaires.
Le leader du PAM a insisté sur la nécessité de dépasser le stade des discours convenus et des engagements oraux: «le citoyen n’attend plus de belles paroles, il exige des réalisations tangibles, susceptibles de modifier concrètement son quotidien», a-t-il affirmé, une prise de position qui intervient peu après que le RNI ait lui aussi fait de l’augmentation du SMIC à 5 000 dirhams l’un de ses principaux engagements électoraux, ravivant ainsi le débat sur les salaires et le coût de la vie en pleine campagne électorale.
Fouzi Lekjaa a profité de son intervention pour appeler à une refonte de la dynamique gouvernementale actuelle, qu’il juge insuffisante, et a critiqué les résultats mitigés de la politique suivie jusqu’ici. Il a mis en garde contre les dérives potentielles d’une culture de répartition des intérêts, l’érosion continue du pouvoir d’achat et l’apparition de conflits d’intérêts trop ouvertement affichés.
Dénonçant la propension à se reposer sur des promesses électorales sans égard pour leur effectivité, il a plaidé pour une évaluation rigoureuse des programmes politiques sur la base des réalisations concrètes, citant en exemple, sans désigner nommément de parti, un engagement antérieur portant sur la création d’un million d’emplois. Sur le plan budgétaire, Lekjaa a détaillé le coût du programme électoral du PAM, estimé à 350 milliards de dirhams, dont 130 milliards dédiés à la lutte contre les disparités régionales et 210 milliards échelonnés sur cinq ans.
Par ailleurs, le Mouvement populaire (MP) s’est également distingué lors d’une rencontre de présentation de son programme, tenue samedi à l’initiative de son secrétaire général, Mohamed Ouzzine, qui s’est engagé à supprimer l’indice social pour plusieurs catégories vulnérables –veuves, divorcées, personnes en situation de handicap et seniors sans revenus– dans une optique de renforcement du pouvoir d’achat et de protection des familles. Il a en outre promis d’étendre aux retraités les augmentations accordées aux fonctionnaires, dans le cadre d’une politique visant à préserver leur niveau de vie face à l’inflation, écrit Al Ahdath Al Maghribia.
Ouzzine a également annoncé la création d’une indemnité mensuelle de 1 000 dirhams, versée pendant un an, en faveur des diplômés chômeurs ne pouvant se déplacer pour chercher un emploi. Il s’est engagé par ailleurs à maintenir la gratuité de l’enseignement supérieur public, à revaloriser les bourses d’études, à restructurer la formation professionnelle et à relancer les projets d’établissements universitaires et de pôles d’excellence qui avaient été programmés durant le mandat gouvernemental 2017-2021 mais qui n’avaient pas été menés à terme.




