Les services du quatrième arrondissement de la sûreté de Mohammedia ont procédé, mercredi dernier, à l’interpellation d’un individu dont les agissements, d’une habileté redoutable, ont jeté le trouble dans l’esprit de nombreuses personnes. Ce faussaire, se prévalant d’une appartenance factice à la Gendarmerie royale, a ourdi une vaste entreprise de dupes, mêlant promesses de mariage, offres de recrutement chimériques et perspectives d’immigration fallacieuses.
«Les premiers éléments de l’enquête révèlent que le mis en cause n’hésitait pas à emprunter l’identité d’un gendarme pour mieux asseoir son emprise sur des proies soigneusement choisies», rapporte Assabah dans son édition de ce lundi 7 septembre. Revêtu d’une tenue s’apparentant à l’uniforme réglementaire, il déployait une mise en scène minutieuse, renforcée par une éloquence persuasive, une prestance soignée et un entregent remarquable. Il se présentait à ses interlocuteurs comme un gendarme influent, doté de solides attaches au sein des sphères décisionnelles de l’appareil sécuritaire, afin d’inspirer une confiance aveugle et de faciliter la spoliation de leurs économies.
Parmi ses stratagèmes les plus retors figurait une approche sentimentale d’une perversité consommée. L’escroc ciblait avec une précision chirurgicale des femmes d’un certain âge, dont il avait préalablement vérifié la situation financière. Il entretenait avec elles des relations teintées d’affection, leur faisant miroiter une union prochaine. Sa témérité atteignait des sommets lorsqu’il se présentait, selon les rites traditionnels marocains, accompagné de son père et de sa sœur, pour demander officiellement la main de sa «promise».
Cette mise en scène familiale, d’un réalisme déconcertant, achevait de convaincre la victime de la sincérité du projet matrimonial. Hélas, une fois les économies soutirées sous couvert d’une avance temporaire destinée à accélérer les formalités du mariage, le prétendant disparaissait aussitôt, laissant la future épousée démunie, avant de réitérer son manège auprès d’autres proies.
«Fort de ce mode opératoire fructueux, le prévenu élargit son champ d’action aux candidats au métier de gendarme», écrit Assabah. Il leur promettait une entrée dans le corps sans passer par les fastidieuses procédures administratives, moyennant un versement initial, suivi d’un solde à régler ultérieurement. Une promesse d’autant plus séduisante qu’elle écartait les obstacles réglementaires.
L’imposteur ne s’arrêta pas là. Il cibla également les aspirants à l’immigration, leur proposant des filières d’immigration douces et prétendument infaillibles, contre des sommes conséquentes. Une fois l’argent empoché, les rêves de départ s’évanouissaient, laissant place à l’amertume de la supercherie.




