Le PAM a jeté son dévolu sur Berkane pour inaugurer la première étape de sa campagne de proximité en prélude aux élections législatives. Cette rencontre, qui a mobilisé une large frange de l’appareil partisan – ministres, parlementaires, élus locaux et militants –, s’est rapidement érigée en tribune privilégiée pour adresser ses messages politiques aux adversaires, tout en justifiant les orientations récentes de la formation, au premier rang desquelles l’intégration de Fouzi Lekjaa dans ses rangs et la nouvelle impulsion donnée au recrutement de figures politiques marquantes.
La présence remarquée du ministre délégué chargé du Budget, membre influent du bureau politique du parti, a constitué l’un des temps forts de cette manifestation, rapporte Al Akhbar de ce week-end (5 et 6 septembre). Son entrée en politique sous la bannière du PAM, qui n’a cessé d’alimenter ces dernières semaines un débat passionné – tant au sein de la scène partisane que sur les réseaux sociaux –, a trouvé à Berkane un écho propice à une mise au point.
Lekjaa y a en effet répondu aux critiques qui ont jalonné son ralliement à l’action politique, en soulignant que l’engagement citoyen ne saurait devenir un motif d’inquiétude ni un prétexte à des accusations infondées. Il a tenu à rappeler que le passage de la gestion des affaires publiques à l’engagement partisan ne saurait annihiler le capital d’expérience et de compétence qu’il a patiemment constitué, mais qu’il vient au contraire l’enrichir et le prolonger, en parfaite complémentarité avec l’action institutionnelle.
Au-delà de la défense de son choix partisan, Lekjaa a fait de son intervention une tribune pour éclairer sa position dans le débat public, particulièrement sur des dossiers ayant suscité d’âpres controverses, à commencer par celui de l’importation du bétail. Il a ainsi précisé que sa mission au sein du ministère de l’Économie et des Finances se cantonne à la mobilisation des crédits et à la programmation budgétaire, démentant toute responsabilité directe dans ce dossier, contrairement aux amalgames que certains ont tenté d’établir.
Par ailleurs, l’homme politique n’a pas dissocié sa nouvelle affiliation partisane des enjeux de développement de la région de l’Oriental, insistant sur l’ancrage profond qui le lie à ce territoire – un lien qui, selon lui, excède de loin les calculs électoraux circonstanciels. Il a dès lors plaidé pour une remédiation urgente aux blocages qui entravent plusieurs projets structurants, dénonçant les dysfonctionnements récurrents qui freinent la concrétisation d’ouvrages pourtant dotés de crédits effectifs. À cet égard, il a évoqué nommément le complexe culturel de Berkane, l’hôpital provincial, le projet Nador West Med, ainsi que divers chantiers d’infrastructure, appelant à une gouvernance plus efficace et plus responsable.
De son côté, la coordinatrice nationale de la direction collégiale du PAM, Fatima-Ezzahra Mansouri, a vigoureusement défendu la dynamique nouvelle que connaît le parti, en particulier après le ralliement de plusieurs personnalités et compétences politiques, relaie Al Akhbar. Répondant aux détracteurs de ces adhésions, elle a tenu à préciser que le PAM ne procède pas à une chasse aux postes, ni ne contraint quiconque à le rejoindre, mais qu’il offre simplement un espace d’engagement aux talents désireux de s’investir dans l’action politique.
Dans cette logique, elle a justifié l’arrivée de Lekjaa en le présentant comme une compétence nationale avérée, tout en rappelant que sa proximité avec le PAM ne date pas de son adhésion formelle, mais qu’elle s’inscrit dans une relation de longue haleine, nourrie par une convergence intellectuelle et opérationnelle.



