La tension politique suscitée en Espagne par les événements de Sebta a pris, jeudi, une tournure particulièrement préoccupante. Lors des manifestations organisées devant le Congrès des députés à Madrid, Pedro Chaparro, président de la formation d’extrême droite Democracia Nacional, et son vice-président, Gonzalo Martín, ont publiquement déchiré un drapeau marocain.
Les images montrent les deux dirigeants brandissant l’emblème national avant de le mettre en pièces devant les personnes rassemblées aux abords de la Chambre basse. Leur formation a ensuite revendiqué cet acte, présenté comme un geste «symbolique» face aux prétendues menaces marocaines et en défense de la souveraineté espagnole, au cri de «Sebta, Melilla et les Canaries, toujours espagnoles».
Cet acte est intervenu au cours d’une journée de mobilisation contre la gestion, par le gouvernement de Pedro Sánchez, de l’entrée massive de migrants survenue les 30 et 31 juillet. Les manifestations ont coïncidé avec l’audition du chef du gouvernement devant le Congrès, au cours de laquelle il a une nouvelle fois affirmé qu’aucune «preuve solide» ne permettait d’établir que le Maroc avait organisé ces événements. Il a également annoncé la publication de l’ensemble des rapports détenus par l’exécutif.
La mise en pièces du drapeau marocain marque un tournant dans une controverse qui, au fil des dernières semaines, a cessé de se limiter aux critiques adressées au gouvernement espagnol pour nourrir un discours de plus en plus ouvertement hostile au Maroc.
Un jeune Marocain poignardé à mort
La scène survenue à Madrid a coïncidé avec une journée particulièrement tragique à Sebta, où deux ressortissants marocains ont perdu la vie dans des circonstances distinctes.
Dans le premier cas, un jeune Marocain âgé de 25 à 30 ans est mort après avoir été poignardé dans un logement situé dans le secteur du Poblado de Regulares. La Police nationale a interpellé une femme soupçonnée d’être l’auteure de l’homicide.
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D’après les premières informations recueillies par la police, le meurtre aurait été précédé d’une dispute à l’intérieur d’un logement du Poblado de Regulares. La Razón affirme que la suspecte était une cousine germaine de la victime et qu’elle avait hébergé le jeune homme après son arrivée à Sebta à la fin du mois de juillet.
L’enquête se poursuit afin d’établir le mobile et les circonstances exactes du meurtre. Des sources policières citées par EFE ont confirmé l’interpellation de la suspecte et l’utilisation d’une arme blanche, tout en précisant qu’il n’avait pas encore été officiellement établi si la victime était arrivée dans la ville lors de l’entrée massive de la fin juillet.
Un adolescent diabétique retrouvé mort dans un centre d’accueil
Quelques heures auparavant, un adolescent marocain de 17 ans avait été retrouvé sans vie dans sa chambre, au sein d’un centre d’accueil temporaire de Sebta. Placé sous la protection des services sociaux locaux, le jeune homme souffrait d’un diabète sévère nécessitant un traitement à l’insuline.
Ce sont ses camarades qui ont donné l’alerte vers sept heures du matin, après avoir constaté qu’il ne se réveillait pas. L’adolescent était sujet à des épisodes récurrents d’hyperglycémie et d’hypoglycémie et avait subi son dernier contrôle médical lundi.
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Les premières hypothèses évoquent une possible décompensation liée à sa maladie. L’autopsie devra toutefois déterminer la cause exacte de son décès et établir s’il avait bien reçu l’ensemble des soins et des médicaments dont il avait besoin. Des sources sanitaires citées par Europa Press assurent que son suivi médical était à jour.
En l’espace de quelques heures, Sebta a une nouvelle fois révélé le visage le plus dramatique d’une situation qui maintient des milliers de Marocains dans une extrême vulnérabilité, entre la saturation des structures d’accueil et la montée des tensions dans les rues. Un contexte de plus en plus alarmant, tandis qu’à Madrid, le Maroc et ses symboles nationaux deviennent ouvertement la cible de l’extrême droite.




