Violation des droits humains à Sebta: l’OMDH saisit l’ambassadeur d’Espagne au Maroc

Un migrant est allongé par terre tandis que des agents de la Police nationale espagnole se tiennent devant d'autres migrants attendant sur le trottoir avant d'être enregistrés dans le quartier de Loma Colmenar à Sebta, le 31 août 2026.. AFP or licensors

Tentes incendiées, agressions à caractère raciste, privations d’eau et de nourriture, entraves à l’aide humanitaire… Face aux graves violations présumées des droits des migrants à Sebta, l’OMDH interpelle l’Espagne et réclame des mesures urgentes ainsi qu’une enquête indépendante.

Le 31/08/2026 à 15h08

L’Organisation marocaine des droits de l’Homme (OMDH) interpelle les autorités espagnoles sur les violations présumées dont seraient victimes des migrants à Sebta. Incendies de tentes, agressions physiques à caractère raciste, entraves à l’aide humanitaire ou encore privations d’eau et de nourriture figurent parmi les faits dénoncés.

Dans un courrier adressé à l’ambassadeur d’Espagne au Maroc, dont Le360 a obtenu copie, l’OMDH fait part de sa «profonde préoccupation» face à ces agissements et réclame des mesures urgentes pour assurer la protection des migrants et garantir le respect de leurs droits fondamentaux.

Cette démarche intervient dans le prolongement du rapport présenté le 18 août par l’OMDH sur les violations présumées des droits humains commises à l’encontre de migrants à Sebta et Melilia lors des événements de juillet dernier. L’organisation avait alors annoncé son intention de saisir des instances internationales afin de dénoncer ces pratiques.

Dans son courrier, l’OMDH affirme que les données et témoignages recueillis font état «d’agressions à caractère raciste ainsi que d’agressions physiques visant certains migrants présents dans la ville».

Selon l’organisation, les faits signalés comprennent notamment «l’incendie des tentes dans lesquelles ils résidaient» ainsi que des entraves à certaines opérations d’assistance humanitaire, notamment à l’accès à l’aide alimentaire et à des services essentiels.

«De telles pratiques constituent une grave violation des principes des droits humains et des engagements internationaux relatifs à la protection des migrants et des demandeurs d’asile», estime l’OMDH.

L’organisation rappelle à ce titre que «le respect de la dignité humaine et la protection des personnes en situation de vulnérabilité demeurent une responsabilité juridique et morale qui ne saurait faire l’objet d’aucune discrimination».

Face à ces allégations, l’OMDH appelle les autorités espagnoles compétentes à prendre «les mesures nécessaires pour protéger les migrants contre toutes les formes de violence et d’agression», mais aussi à diligenter «une enquête impartiale et indépendante sur les faits signalés» et à engager les procédures juridiques nécessaires à l’encontre des éventuels responsables.

L’organisation demande également que «les organismes marocains compétents en matière de droits humains et d’action humanitaire soient autorisés à observer et à suivre la situation des migrants à Ceuta et à s’enquérir de leurs conditions humanitaires».

À travers sa saisine de l’ambassadeur d’Espagne à Rabat, l’OMDH entend ainsi transmettre ses préoccupations et ses revendications au gouvernement espagnol afin que soient adoptées «des mesures urgentes garantissant la protection des droits des migrants et la préservation de leur dignité humaine, conformément aux normes internationales en matière de droits humains».

Cette démarche intervient quelques semaines après la publication, le 7 août, par le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) de ses conclusions préliminaires sur les traversées collectives enregistrées dans les zones de Fnideq-Sebta et Bni Ansar-Melilia les 30 et 31 juillet.

À partir de son monitoring de terrain, de témoignages et d’une veille numérique, le CNDH avait notamment relevé des blessures et des contusions chez des personnes revenues de Sebta, tout en recueillant des témoignages faisant état d’agressions présumées, de mauvais traitements et de privations subis au cours de ces événements.

Par Mohamed Chakir Alaoui
Le 31/08/2026 à 15h08