Le président de la commune rurale de Lghnadra, située dans la province de Sidi Bennour et siégeant également au Parlement, Abdelghani Makhdad, se retrouve au centre de graves démêlés judiciaires. «Il a été convoqué et entendu à deux reprises par les enquêteurs de la Brigade nationale de la police judiciaire dans le cadre d’investigations portant sur deux affaires distinctes aux enjeux financiers considérables», indique le quotidien Assabah dans son édition du lundi 31 août.
Le premier volet de l’enquête concerne des soupçons d’irrégularités majeures et de mauvaise gestion des finances publiques locales durant son mandat. Selon les données recueillies, les investigations des hommes de la police judiciaire se sont focalisées sur des marchés publics et des commandes d’État passés sous sa gouvernance, ainsi que sur des dépenses jugées disproportionnées et injustifiées. Les enquêteurs examinent minutieusement le respect des procédures légales et réglementaires régissant les appels d’offres publics et l’affectation des deniers de la collectivité, cherchant à déterminer si ces actes de gestion constituent des infractions pénales passibles d’une mise en cause juridique.
Le second dossier, dont l’impact financier se chiffre en milliards de centimes, découle d’une plainte formelle déposée par les ayants droit d’un individu surnommé le baron Hamdoun, aujourd’hui décédé. La famille du défunt accuse l’élu local d’appropriation illicite de sommes faramineuses générées par un ambitieux projet immobilier situé dans la région de Zemamra. D’après les plaignants, la commercialisation d’appartements et de lots de terrains destinés à la construction aurait généré d’importants bénéfices et recettes dont les héritiers n’auraient jamais perçu la part revenant à leur proche, qui était partenaire du président dans la réalisation de ce programme résidentiel. «Les vérifications se poursuivent afin d’établir la véracité de ces accusations de spoliation financière», écrit Assabah.
Ces démêlés avec la justice interviennent dans un contexte politique local particulièrement mouvementé. L’élu, qui siégeait sous les couleurs de l’Union socialiste des forces populaires, avait entrepris des démarches pour démissionner de son parti et avait sollicité la validation du premier secrétaire de la formation, Driss Lachgar, sans que ce dernier ne donne sa signature ni ne lui délivre le quitus sollicité.
En parallèle, des sources concordantes au sein des milieux politiques régionaux indiquent que le président de la commune préparerait sa candidature aux prochaines échéances électorales sous la bannière du Parti de l’Istiqlal, une transhumance qui pourrait modifier l’équilibre politique local au moment même où la Brigade nationale de la police judiciaire resserre son étau d’investigation sur ses activités financières et administratives.




