Al Mahaj Al Malaki: où en est le méga-projet qui va transformer le visage de Casablanca?

Une partie des démolitions du centre-ville, menées dans le cadre du projet Al Mahaj Al Malaki. (S.Bouchrit/Le360)

Le 02/09/2026 à 17h24

VidéoLes autorités compétentes s’orientent vers le règlement des derniers détails du projet Al Mahaj Al Malaki, la Promenade royale, après avoir franchi une étape importante dans les opérations de démolition qui ont touché plusieurs constructions anarchiques et menaçant ruine, dépourvues de réseau d’assainissement, d’eau ou encore d’électricité.

Le projet, en souffrance depuis 1989, entre dans une phase déterminante. Les démolitions se poursuivent pour libérer le foncier destiné à ce vaste chantier, appelé à redessiner le visage du centre-ville de Casablanca.

Des sources informées ont indiqué à Le360 que les opérations de démolition se poursuivront au début du mois prochain, précisant qu’elles ont déjà concerné 60% des bâtiments visés par l’expropriation ou menaçant ruine, au nombre de 15.000 constructions selon les mêmes sources.

Kenza Chraibi, présidente du conseil de l’arrondissement de Sidi Belyout, a expliqué que les parties concernées s’attellent actuellement à finaliser l’ensemble des démarches juridiques et techniques nécessaires avant le lancement des travaux du projet. Ces démarches incluent notamment le transfert de propriété de certains biens fonciers, comme des voies et passages privés, afin qu’ils passent sous la gestion de la commune, ainsi que le traitement d’autres dossiers techniques visant à garantir le bon déroulement du projet dans le respect des procédures en vigueur.

Les contours du projet

La responsable a précisé que le projet prévoit la création d’une large bande de jardins et d’espaces verts s’étendant de la place Oued El Makhazine jusqu’à la mosquée Hassan II, tout en soulignant que le tracé définitif du plan d’urbanisme n’a pas encore été finalisé. Elle a insisté sur l’idée de créer un poumon écologique et urbain qui changera le visage de la capitale économique.

Le projet s’étendra sur une superficie estimée entre 50 et 57 hectares, avec 2029 comme échéance fixée pour son achèvement, en lien avec les grands préparatifs engagés à Casablanca.

Selon des sources communales, le design final du projet ainsi que la maquette sont encore à l’étude, les architectes travaillant actuellement sur les plans.

Concernant le relogement des familles concernées par la démolition, la présidente de l’arrondissement de Sidi Belyout a indiqué que 2.000 familles ont été recensées à ce titre. Près des deux tiers d’entre elles en ont déjà bénéficié, à travers deux options principales: soit l’attribution d’appartements de substitution dans les quartiers d’Ennassim, Dar Bouazza et Lyssasfa, soit une indemnisation financière directe de 100.000 dirhams.

La convention de mise en œuvre du projet

L’adoption par le Conseil de la ville de Casablanca, le 2 septembre 2025, de la convention d’accélération du projet Al Mahaj Al Malaki a permis de mettre ce dernier sur les rails, avec l’implication de plusieurs institutions dans sa réalisation, pour une enveloppe budgétaire globale de 2 milliards de dirhams.

Nabila Rmili, maire de Casablanca, a qualifié cette adoption de «moment historique», estimant que la convention «n’est pas ordinaire», mais s’inscrit dans le cadre des grands projets d’État, et qu’elle fera de Casablanca une métropole à la hauteur des grandes villes mondiales. Elle a souligné que cet accord permettra la concrétisation d’un projet attendu depuis 40 ans.

La convention ouvre la voie à l’implication de nouvelles institutions pour accélérer sa réalisation, au premier rang desquelles la Caisse de dépôt et de gestion (CDG), qui a contribué au financement, ainsi que la société Casa Aménagement, l’Agence urbaine et les préfectures d’Anfa et de Hay Hassani.

L’accord prévoit le transfert gratuit de la propriété des biens fonciers de la société Sonadac vers la ville de Casablanca, avec annulation des dettes, tandis que la CDG prendra en charge le financement du programme de relogement de près de 16.000 familles et de 2.500 locaux professionnels, sans charge supplémentaire pour le budget communal.

L’opération d’évacuation et de relogement a été confiée à la société Casa Aménagement, avec un délai de 18 mois fixé pour l’achèvement des démolitions.

L’enveloppe de 2 milliards de dirhams sera mobilisée via des versements annuels de 250 millions de dirhams, sur la période allant de fin 2025 à début 2029, par l’intermédiaire de la ville de Casablanca.

Dans ce contexte, l’acteur associatif Mehdi Limina a souligné l’importance de la concrétisation du projet Al Mahaj Al Malaki, qui permettra de réhabiliter le centre-ville et de faire de Casablanca un pôle touristique et urbain à la hauteur des grandes métropoles mondiales. Il a ajouté, dans une déclaration à Le360, que la vision actuelle du projet accorde la priorité absolue aux espaces verts et aux espaces ouverts, considérés comme un véritable poumon pour la population, plutôt que de privilégier une logique d’expansion urbaine, ce qui constitue, selon lui, un tournant majeur dans la trajectoire de planification urbaine de la ville.

Les opérations de démolition ont notamment concerné plusieurs ruelles de l’ancienne médina, dont la rue des Anglais, la rue Moha Ou Saïd, Derb Rmad, la rue Haidaoui, Nezala, Derb El Khalifa et Derb Boutouil.

Par Fatima El Karzabi et Said Bouchrit
Le 02/09/2026 à 17h24