Le Parti de la justice et du développement (PJD, opposition) a présenté, ce lundi à Rabat, son programme électoral pour les législatives du 23 septembre. La formation dirigée par Abdelilah Benkirane décline son offre politique en cinq axes et 467 mesures couvrant les volets institutionnel, économique et social ainsi que la politique étrangère.
D’emblée, les dirigeants du PJD ont insisté sur la méthodologie retenue pour élaborer ce programme, qu’ils présentent comme une alternative aux plateformes électorales reposant sur une accumulation d’objectifs chiffrés. Abdelilah Benkirane a ainsi assuré que son parti avait fait le choix de ne pas multiplier les «chiffres irréels» et les promesses difficilement réalisables, évoquant notamment les engagements pris en matière de création d’emplois lors de la précédente campagne électorale.
Contrairement à plusieurs programmes présentés par les autres formations en lice, celui du PJD ne fixe ainsi ni enveloppe budgétaire globale pour sa mise en œuvre, ni objectif chiffré de croissance ou de création d’emplois.
«Notre programme est objectif, réaliste et juste, car il vise en premier lieu à assurer la dignité du citoyen», a affirmé Driss El Azami El Idrissi, premier vice-secrétaire général du PJD. L’ancien ministre délégué chargé du Budget a également dressé un bilan sévère de l’action de l’Exécutif sortant, pointant ce qu’il considère comme ses échecs sur les plans politique, économique et social.
Dans son diagnostic, le responsable du PJD a notamment évoqué la persistance d’un chômage élevé, particulièrement chez les jeunes, ainsi que les insuffisances qui, selon sa formation, continuent d’affecter le chantier de généralisation de la protection sociale et l’accès effectif à la couverture médicale.
Le programme s’articule autour de cinq grands axes. Le premier est consacré à la consolidation de l’identité islamique et nationale, à la famille et aux valeurs marocaines. Le PJD entend notamment renforcer la protection de la cellule familiale et de l’enfance, tout en inscrivant ces politiques dans le respect des constantes constitutionnelles du Royaume.
Le deuxième axe porte sur la réforme politique, la consolidation du choix démocratique et l’effectivité des droits et libertés. Le parti préconise notamment de renforcer la primauté de la Constitution, les garanties d’un procès équitable, la protection de la vie privée et les libertés d’expression et de la presse. Il entend également renforcer le rôle des partis, des syndicats et de la société civile, tout en consolidant les mécanismes de lutte contre la corruption et les conflits d’intérêts.
Le troisième volet concerne les services publics et la protection sociale. Le PJD promet notamment de revoir certains dispositifs dans l’enseignement et la santé, de supprimer les plafonds d’âge pour l’accès à certains concours de recrutement et de corriger ce qu’il considère comme des dysfonctionnements dans le ciblage des bénéficiaires de la protection sociale et des aides directes.
Sur le terrain économique, quatrième axe du programme, la formation islamiste défend une économie «productive, compétitive, durable et souveraine», orientée vers la création d’emplois et le soutien aux petites entreprises. Elle propose notamment de renforcer la concurrence, de lutter contre les situations de rente et de monopole, de soutenir la production nationale et de revoir certains dispositifs fiscaux. Le parti appelle également à l’organisation d’Assises nationales de l’investissement.
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Le cinquième et dernier axe est consacré à la politique étrangère, avec pour socle la défense de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du Royaume ainsi que le renforcement de son rayonnement international.
À cette occasion, Abdelilah Benkirane est également revenu sur la profanation récente du drapeau marocain par des militants de l’extrême droite espagnole. Le secrétaire général du PJD a condamné un acte qu’il considère comme une tentative d’attiser les tensions, alors que les peuples marocain et espagnol aspirent, selon lui, à consolider leurs relations et le bon voisinage. Il s’est également dit profondément affecté par les récents événements migratoires à Sebta.
Au-delà de son contenu, le PJD entend faire de ses 467 mesures une feuille de route adaptable à la configuration politique qui émergera des urnes. Driss El Azami El Idrissi a assuré qu’elles avaient vocation à être mises en œuvre si le parti accédait au gouvernement ou participait à une coalition. Dans cette hypothèse, le programme constituerait la base des négociations avec ses partenaires.
En cas de maintien dans l’opposition, le document servirait, selon lui, de «cahier des charges» aux futurs parlementaires du parti, appelés à en défendre les principales propositions dans le cadre de leur action législative et de contrôle.




