Les élections du 23 septembre sont déjà attendues et surveillées comme du lait sur le feu. L’attente et les enjeux sont énormes. En face, la morosité ambiante ne saurait tromper personne. Comme à chaque consultation, on nous répète qu’il faut voter. C’est un classique. Même ceux qui ne votent pas appellent à voter. Ils ont raison. C’est le syndrome du médecin qui conduit une campagne antitabac avec une clope à la main. «Faites ce que je dis, pas ce que je fais!».
Il faut suivre la consigne et voter.
Il ne s’agit pas seulement de barrer le chemin aux «autres», quelle que soit la définition que l’on donne à ces autres. C’est une métaphore, cela relève presque de l’abstrait. Au fil du temps, la représentation des «autres» est passée de «moul chkara», ce professionnel des élections sans foi ni loi, à l’islamiste qui vous veut du bien mais dont il faut se méfier comme de la peste…
Aujourd’hui, il s’agit surtout d’exprimer son opinion et de se donner la possibilité de rêver. Oui, rêver. Quand le candidat ou la couleur pour laquelle vous avez voté emporte le morceau, vous avez l’impression et la sensation d’avoir gagné au loto. La probabilité est faible mais cela vaut le coup d’essayer…
Les élections du 23 septembre vont définir les contours du prochain gouvernement. Le résultat n’est jamais écrit d’avance, quoi que l’on dise. C’est un «work in progress», un processus dont le résultat final dépend de la volonté de chacun, c’est-à-dire de l’opération de vote.
«Le gouvernement du Mondial 2030 devra aussi apporter des réponses sur le champ social. Il y a les grands dossiers, il y a les causes justes comme les libertés individuelles ou les droits des minorités. Et il y a cette inconnue: la jeunesse, la rue… »
Il y a le RNI et le PAM, dont la bataille ressemble à une tempête dans un verre d’eau puisqu’il s’agit, au final, de fournir le meilleur profil de technocrates plus ou moins ministrables. Il y a l’Istiqlal et l’USFP qui ont toujours une carte à jouer, malgré le poids des années et des occasions ratées. Il y a les islamistes du PJD qui ne renoncent jamais, malgré les temps difficiles. Il y a les SAP (sans appartenance politique) qui font leur retour et qui peuvent toujours jouer les trouble-fêtes. Et il y a tous ces partis tapis dans l’ombre, qu’ils soient de droite ou de gauche, qui peuvent jouer aux arbitres et dont nul ne peut prévoir les scores…
Au-delà de tous ces petits calculs, le prochain gouvernement portera forcément l’étiquette «gouvernement du Mondial 2030». C’est logique. Il s’agit de «qualifier» le pays et ses infrastructures pour le rendez-vous de 2030. C’est un chantier immense, passionnant, compliqué, difficile.
Mais ce n’est pas tout. Le gouvernement du Mondial 2030 devra aussi apporter des réponses sur le champ social. Il y a les grands dossiers (emploi, éducation, système de retraite, etc.), il y a les causes justes comme les libertés individuelles ou les droits des minorités. Et il y a cette inconnue: la jeunesse, la rue…
Rendez-vous le 23 septembre.



