Agadir-Taghazout s’impose de nouveau comme l’un des piliers incontournables du paysage touristique marocain. Durant l’année 2025, la destination a franchi le cap des 1,5 million d’arrivées touristiques, signant une hausse remarquable de 9% par rapport à l’exercice précédent. Dans le même temps, les nuitées ont dépassé les 6,3 millions, portées par un taux d’occupation hôtelière supérieur à 66%. «Ces indicateurs au vert confirment la solidité d’une reprise amorcée après une période de repositionnement stratégique, au cours de laquelle la station a dû repenser son image et moderniser ses infrastructures pour répondre à des attentes globales en pleine mutation», relève le magazine Finances News Hebdo.
Si le succès est au rendez-vous, c’est d’abord parce que la capitale du Souss n’a rien perdu de ses fondamentaux. Son climat privilégié tout au long de l’année, sa vaste baie et son infrastructure hôtelière éprouvée continuent de séduire une clientèle fidèle composée de familles, de retraités, de visiteurs européens et d’un contingent solide de touristes nationaux. Cependant, le voyageur contemporain a changé de visage. Il ne se contente plus du concept traditionnel du farniente au bord de la piscine. Désormais, l’expérience prime sur le simple hébergement: le public recherche une immersion culturelle, de la gastronomie locale, une vie urbaine animée et des circuits d’exploration qui établissent un lien authentique avec le territoire.
À cet égard, le grand Agadir bénéficie d’une diversité géographique et culturelle exceptionnelle. La complémentarité entre le littoral et l’arrière-pays constitue un avantage compétitif rare. Tandis que Taghazout insuffle une énergie jeune, sportive et internationale axée sur le surf et le bien-être, Imi Ouaddar élargit l’offre balnéaire vers le nord. «À quelques kilomètres de la côte, Taroudant, les vallées verdoyantes de l’Atlas, les villages pittoresques et le réseau de coopératives artisanales et agricoles ouvrent la voie à un tourisme d’excursion à forte valeur ajoutée. Agadir cesse ainsi d’être une simple station de séjour pour devenir la porte d’entrée d’un territoire régional d’une grande richesse», souligne Finances News.
Malgré cette dynamique positive, plusieurs défis structurels doivent être relevés pour pérenniser cette croissance. L’animation urbaine demeure le principal point d’amélioration, une partie des visiteurs percevant encore la ville comme une étape trop calme une fois la journée de plage achevée.
La revalorisation de la Kasbah d’Agadir Oufella, le développement de circuits culturels, la multiplication des événements artistiques et la modernisation des espaces publics visent à transformer cette perception, à condition que ces initiatives s’inscrivent dans la durée. Par ailleurs, la question de l’aérien reste critique: l’aéroport d’Agadir Al Massira doit étendre ses liaisons directes vers les grands bassins émetteurs européens pour réduire sa dépendance aux flux indirects, l’extension des capacités aéroportuaires prévue à l’horizon 2030 devant apporter une réponse durable à cet enjeu de connectivité.




