Driouch: le barrage Beni Azimane à 98% d’avancement, dernière ligne droite avant sa mise en service

Le chantier du barrage Beni Azimane dans la province de Driouch. (M.Chellay/Le360)

Le 12/09/2026 à 16h52

VidéoÀ quelques mois de son achèvement, le barrage Beni Azimane, dans la province de Driouch, affiche un taux d’avancement de 98%. D’un investissement de 1,4 milliard de dirhams, cette infrastructure doit renforcer l’approvisionnement en eau potable et l’irrigation, tout en contribuant au développement agricole et économique de la région.

Construit sur l’oued Kert, au niveau de la commune de Telat Azlaf, à environ 25 kilomètres de la ville de Driouch, le barrage Beni Azimane entre dans sa dernière phase de réalisation. L’ouvrage, dont les travaux ont démarré en octobre 2021, doit être achevé en décembre 2026. Sa mise en eau a déjà commencé en mai dernier, alors que les travaux atteignent désormais 98%.

«Ce projet s’inscrit dans le cadre du Programme national d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation 2020-2027, lancé par le roi Mohammed VI», déclare Abdelaziz Zaki, responsable du projet du barrage Beni Azimane. Il intervient dans un contexte marqué par le stress hydrique et la succession des épisodes de sécheresse, avec pour objectif de renforcer les infrastructures hydrauliques nationales. Haut de 70 mètres au-dessus des fondations, le barrage disposera d’une retenue d’environ 44 millions de mètres cubes. Son chantier mobilise actuellement les équipes à un rythme soutenu, 24 heures sur 24, pour mener à bien les dernières opérations.

«Nous travaillons actuellement sur les dernières étapes, notamment l’achèvement des remblais au niveau des rives droite et gauche, l’installation des dispositifs de surveillance et de contrôle, ainsi que l’aménagement de la retenue», explique Abdelaziz Zaki. Les travaux portent également sur les ouvrages annexes et sur la réalisation des différents essais techniques et hydrauliques nécessaires avant la finalisation du remplissage.

Le barrage présente par ailleurs une particularité technique. Il s’agit d’un ouvrage de type mixte, associant béton et terre compactée. Une conception retenue à la suite d’études techniques et géologiques approfondies, en tenant compte des caractéristiques montagneuses du site.

Au-delà du stockage de l’eau, Beni Azimane doit répondre à plusieurs besoins de la province de Driouch et de ses environs. L’ouvrage est appelé à contribuer à l’alimentation en eau potable, à l’irrigation des terres agricoles voisines et à la protection contre les risques d’inondation. «Le barrage aura un rôle important dans le renforcement de la sécurité hydrique de la région, notamment face aux effets des changements climatiques et aux périodes récurrentes de sécheresse», souligne le responsable du projet.

Le chantier constitue également un important levier d’activité locale. Depuis son lancement, il a permis de générer plus de 600.000 journées de travail, tout en contribuant à la formation et à la qualification de la main-d’œuvre locale.

À terme, l’ouvrage devrait également avoir des retombées sur le monde agricole. L’amélioration de l’accès à l’eau doit permettre de développer et de diversifier la production, avec l’objectif d’améliorer les revenus des agriculteurs. Le futur lac de retenue pourrait également ouvrir de nouvelles perspectives pour le développement de l’écotourisme autour du site et participer à la réduction de l’exode rural.

La réalisation du barrage mobilise plusieurs compétences marocaines. La Direction des aménagements hydrauliques relevant du ministère de l’Équipement et de l’Eau assure le suivi du projet. Le bureau d’études et de contrôle NOVEC intervient sur les études et le contrôle, tandis que le Laboratoire public d’essais et d’études (LPEE) assure les opérations de contrôle et les essais. Une entreprise spécialisée prend, pour sa part, en charge les travaux électromécaniques.

Avec 98% des travaux réalisés, Beni Azimane est donc désormais à quelques étapes de son achèvement. Une fois pleinement opérationnel, le barrage devrait constituer un nouvel appui pour la sécurité hydrique de la province de Driouch, tout en accompagnant l’agriculture, la prévention des inondations et les perspectives de développement économique et touristique de la région de l’Oriental.

Par Mohammed Chellay
Le 12/09/2026 à 16h52